薄明

Des brumes de Kobe au soleil éclatant de Sanda, des policiers et yakuzas sont assassinés dans la plus sordide des mises en scène, avec un même symbole tatoué sur la langue. Parmi les touristes survoltés et les citadins forgeant leur vie dans les vicissitudes et les joies, au creux d’une foule compacte d’ingénus excentriques, d’individus candides, de salarymen scrupuleux et d’étudiants pleins de rêves et d'ardeurs, la mafia japonaise semble se scinder en deux.

Kobe, capitale de l’Excellence, voit peu à peu émerger une organisation criminelle plus opulente et déterminée qu’à l’accoutumée. La mafia japonaise, qui jusque là avait son siège au cœur d’Inazami, se voit débordée par un groupe rival, brutal et déchaîné. Un noyau constitué de criminels révoltés contre le code d’honneur des yakuzas, œuvrant à Sanda, et résolus à asseoir leur emprise sur Kobe.

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hakumei
à l'aube de votre destinée

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20 juillet 2019A l’issu de la dernière MàJ, Amai Gakuen devient Hakumei. Bienvenue sur cette V2 toute neuve, proposant tout un panel de nouveautés qui, nous l’espérons, saura susciter en vous l’inspiration pour des Rps toujours plus déjantés : www

30 juin 2019Un nouveau RP libre a été posté par votre PNJ Alphonse Murphy. Au programme : festivités au district Fujin à l’occasion du Festival du Tanabata, célébrant les étoiles et l’amour. N’hésitez pas à y jeter un œil, et pourquoi pas, à venir y participer : www




 
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Tentative de socialisation en tenue d'Adam. [PV Logan Rothschild]
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Calixte Toole
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Jeu 5 Déc 2019 - 13:59
Le vent hiémal soufflait entre les immeubles, s'engouffrant dans les moindres recoins, glaçant les rares piétons cherchant à rejoindre au plus vite leur destination. Du fond de son lit il regarda par la fenêtre, ne voyant qu'un ciel blanc à l'horizon il cligna plusieurs fois des yeux, se demandant s'il allait avoir la force nécessaire pour affronter la foule aujourd'hui. Il souffla bruyamment, l'air chaud sortant de ses narines venait s'engouffrer sous son épaisse couverture. Il ferma ses yeux, se concentrant sur la tâche horriblement ardue que semblait être son levé, comme s'il devait à nouveau naître et se confronter une nouvelle fois à la réalité. Comme si, l'espace d'un instant, il avait été irréel. Une sorte de mirage ou un souvenir lointain qu'on finissait par enfouir au fond de notre mémoire sans jamais le ressortir.

A la force de ses bras il se redressa difficilement, restant dans cette position un instant avant de s'asseoir et d'attraper son téléphone pour regarder l'heure. Midi trente-et-une. Il resta là un instant, fixant les chiffres sans avoir l'air de les comprendre puis finit par lâcher un "putain" presque silencieux. Il ne savait pas à quelle heure il s'était endormi. Tout ce dont il se souvenait de la veille, c'était cette angoisse écrasante qui lui compressait l'estomac et les côtes, lui laissant pour séquelles de légères crispations matinales. Lorsqu'il se leva pour enfin se diriger vers la salle de bain il traîna machinalement des pieds, trimbalant ce qui lui servait d'enveloppe corporelle. Entre une baisse de tension quasiment routinière et une motivation explosant le fond du gouffre il se questionna un instant sur ses activités à venir. Il pensa d'abord à une simple promenade dans l'un des quartiers si peu fréquentés dans cette période. Mais il savait, sans même regarder un thermomètre, que même pour lui il faisait bien trop froid là-dehors.

Quand son regard se dirigea vers son miroir il prit un instant de répit dans un silence quasi religieux. Plus il se fixait plus il avait l'impression que l'anxiété venait de prendre vie et de lui voler son apparence. Il songea qu'elle devait être bien stupide pour prendre la sienne plus qu'une autre mais il n'en fit rien, continuant sa routine matinale après s'être fait à cette idée bien étrange.

Lorsqu'il fut fin prêt, il n'oublia pas de prendre son portable sur lui et de directement mettre ses écouteurs dans ses oreilles, poussant le volume presque à son maximum. Bien qu'il n'aimait pas la foule, le fait d'être totalement seul dans certaines rues pouvait être bien plus anxiogène. Il se retournait tout les dix mètres, s'assurant que rien ni personne n'avait en tête de le suivre. Même si cette idée était sans aucun doute stupide -et il en avait conscience malgré tout- il ne pouvait s'en empêcher une fois que cela lui avait effleuré l'esprit. Comme une sorte de mauvaise blague que son esprit semblait se faire à lui même. C'est ce doute constant qui faisait de lui une véritable bombe humaine, prêt à exploser en une seconde mais les victimes étaient rare. Bien souvent il était le seul à en souffrir et à en voir les pires conséquences.

Dans son périple vers le néant, ne sachant toujours pas où se rendre, il décida de juste regarder les devantures des magasins ou des différentes enseignes publicitaire qu'il pouvait croiser. Entre le mini golf et les super promotions de la semaine "à ne pas rater", il ne voyait clairement pas une quelconque chance de se satisfaire aujourd'hui. Alors il y mit un peu du siens, se disant qu'une boisson chaude pourrait sans doute lui apporter une sensation de réconfort ou juste du bien-être pour changer. Et en quelques secondes, tant cette idée lui parut bonne, il dégaina son portable et se mit à faire des recherches sur les différents café du coin.

Evidemment, les résultats furent nombreux et il n'avait que l'embarra du choix. Tout en faisant défiler les lieux tous plus originaux les uns que les autres - voir tirés par les cheveux pour certains - il finit par entrevoir une source d'eau chaude proposant même des repas tout en étant ouvert aux étrangers. Quand il lu ça il ne pu réprimer un petit rire, il est vrais que, malgré leur étrange curiosité envers les occidentaux, le Japon avait aussi une belle part de xénophobie pour certains.

Malgré tout l'idée était séduisante, optant alors pour celui-ci malgré la belle distance à parcourir. Il usa alors des transports en commun, plutôt que de passer des heures dans le froid inutilement. Et ce n'est qu'aux alentours de quinze heure qu'il finit enfin par arriver à destination, totalement frigorifié et tremblant. De plus, sa tête naturellement inexpressive avait de quoi faire peur au personnel de l'accueil qui le regardait déjà de travers. Ou bien était-ce juste à cause de son air totalement perdu et fragile malgré tout qu'il eut droit à autant de jugement.

Une fois qu'il eut enfin brisé son vœux de silence imaginaire il expliqua la raison de sa venue au personnel, se laissant guider vers les vestiaires puis indiquer la direction des douches, payant au passage un supplément afin de disposer d'une serviette, sa pudeur l'emportant haut la main et sans surprises. Au bout de quelques secondes, étant enfin seul, il mit un temps à se déshabiller. Plus par appréciation du seul bruit que provoquait les sources d'eau que par peur de la nudité. De même que ses membres encore glacés ne lui facilitait clairement pas la tâche. On aurait dit une sorte de pantin dont on aurait oublié de graisser les articulation, trébuchant plusieurs fois sans chuter, étonnement.

Une fois qu'il eut finit de ranger proprement rangé ses effets personnel dans le panier, il se dirigea vers les douches où, encore une fois, il décida vraiment de prendre son temps. L'eau déjà bien chaude lui avait au début brûlé ses extrémités, finissant ensuite par détendre ses muscles petit à petit, emplissant ses narines d'une agréable vapeur. Lorsqu'il fut suffisamment à l'aise pour marcher sans avoir l'air d'une planche en bois, il sortit et plongea son corps dans le coin du bassin le plus éloigné de la porte, étant à semi camouflé par des bambous et d'autres plantes décoratives probablement factice en vue de leur état. Après tout cela, il se contenta de fermer les yeux et de laisser sa tête retomber en arrière, sur sa serviette. Il était enfin l'heure pour lui de se détendre suffisamment pour somnoler un moment, se perdant dans le néant qu'était son esprit à cet instant. Il laissa son imagination vagabonder au loin, sans se soucier de quoique ce soit d'autre que de lui-même pour une fois.

Logan Rothschild
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Logan Rothschild
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Lun 9 Déc 2019 - 17:50
J’ai finalement traîné mon cul jusqu’à Sanda pour prélasser mon corps courbaturé dans les meilleures sources chaudes du Kansai. Ma misanthropie, mon asociabilité farouche et mon instabilité émotionnelle particulièrement pugnace se sont alliées pour m’écarter de ce beau projet, mais j’ai remporté la bataille après un affrontement âpre et ardu. Mon psy, cette espèce de mirage cabossé, a exprimé ses vifs encouragements à cette initiative, non sans émettre quelques inquiétudes à l’idée de me laisser vadrouiller dans une ville gangrenée par la violence. Je lui ai assuré que je ne fracasserais aucune boîte crânienne durant mon séjour et ce, malgré le fourmillement hargneux qui sillonne séditieusement mes cellules nerveuses, mais pas sûr que ma promesse ait suffi à le rassurer. Tant pis, parce que mon sac a déjà fait un vol plané à travers la chambre d’hôtel, tandis que je me laisse choir contre le matelas pour en évaluer la rigidité.

N’importe qui se serait fait chier dans cet endroit, privé de compagnie, mais un marginal tel que moi apprécie sincèrement le silence et la sérénité qui en découle. Personne pour me casser les couilles. Le paradis, n’est-ce pas ? Je suis là, avec moi-même et loin des babillages vains et versatiles, barbotant dans mes propres pensées sans écouter celles des autres ; mots ternes exprimant des idées infectes, puériles, humaines. Loin des ego gavés par la médiocrité mais cachés par de jolis phrasés. La paix, en somme. D’ailleurs, je me surprends à m’assoupir, ainsi bercé par cette absence de bruit, et roule paresseusement sur le ventre pour profiter d’une sieste réparatrice qui vient combler mes nuits agitées, sans cesse troublées par des cauchemars épars.

J’émerge quelques instants plus tard sans savoir combien de temps j’ai dormi. Je me lève laconiquement, cille avec langueur et m’étire en toute décontraction, dépliant chacun de mes muscles afin de les libérer de cet engourdissement récalcitrant. Après ça et dans un grognement ensommeillé, je traverse la pièce pour attraper mon sac, en extirper une serviette et claquer la porte de ma chambre sans plus m’attarder. Je descends les escaliers dans une démarche désinvolte pour promener ma carcasse jusqu’aux sources chaudes. Passant par les vestiaires, j’y abandonne mes vêtements et m’engouffre dans la salle de douches. Je ne broncherai absolument pas devant les regards de japonais indiscrets et curieux de savoir si la leur est définitivement plus petite que celle des Occidentaux, mais la cicatrice hideuse me rendant pudique, je marcherai jusqu’au bord de l’eau la serviette solidement attachée autour des flancs.

C’est en me débarrassant de cette dernière pour glisser mon corps fatigué dans l’eau brûlante que je remarque ce petit bonhomme à l’allure prostrée. Je le considère un instant, puis fais errer mon regard sur le reste de la salle, sûrement bien content de voir ce défilé de mecs à poil – c’est qu’il y en a des pas dégueu, dans le lot. C’est donc avec cet intrigant spectacle que je laisse l’eau me délasser. Les muscles se relâchent, quittent leur crispation et je m’enfonce un peu plus dans le bain afin que la chaleur achève de dénouer les nœuds qui se sont agglutinés dans mes omoplates. Moi qui exècre les contacts physiques, je payerai cher pour un massage rigoureux du dos ; c’est seulement maintenant que je réalise à quel point j’en ai besoin.

Les yeux fermés, je profite de l’instant en écoutant d’une oreille distraite les conversations des Japonais à côté de nous. Certains parlent boulot, d’autres se foutent de notre gueule parce que nous sommes des étrangers, et d’autres encore se targuent d’avoir salement pécho le week-end dernier. L’endroit n’est pas très peuplé, mais derrière leur façade de gentils petits soldats coincés du cul, je constate que les Japonais sont particulièrement doués pour faire ami-ami avec des inconnus. J’ouvre alors les yeux, et fais traîner mon regard alangui sur le bonhomme à la gueule de gaijin. Malgré notre indéniable point commun que constitue le fait de ne pas être japonais, tout nous oppose. Si ma peau est bronzée, comme si je revenais tout juste d’un voyage dans une île exotique, la sienne est laiteuse, blafarde, diaphane. Il n’est pas moche, en dépit des valises qu’on a délaissées sous ses yeux, il est atypique. Il me rappelle un peu mon psy, sauf que lui ressemble résolument à un flocon de neige.

« Et toi, alors ? »

J’interpelle le type dans un anglais éraillé, lui signifiant que c’est à lui que je m’adresse et pas aux natifs qui barbotent non loin de nous.

« Tu comptes aller pécho en boîte après t’être prélassé ici ? Visiblement, c’est un symbole de réussite pour ces messieurs. »

Le sexe comme divertissement, ça aussi c’est très humain. Ça fait partie des manies que j’exècre : celle de se laisser bêtement aller dans des plaisirs primitifs et éphémères, mais c’est le misanthrope qui parle. Trouver de la satisfaction personnelle dans un acte si creux que celui de baiser un inconnu et s’en vanter auprès des autres est le paroxysme de la débilité, dans tous les sens du terme. Idiot et faible. Imaginer leurs corps s’agiter frénétiquement dans des va-et-vient moites, haletant comme des chiens me provoquerait des hauts le cœur. Heureusement, je m’épargne ces images en gardant le regard fixé sur cet inconnu qui, espérons-le, ne me désintéressera pas trop rapidement.



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Calixte Toole
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Lun 16 Déc 2019 - 18:05
Dans sa relaxation parfaitement silencieuse, l'américain resta immobile. Contempler le décors aurait pu être une bonne idée, tout comme prêter attention aux discussions avoisinante de ces vieillards baveux et surexcités. Il préféra se couper du reste du monde, s'enfermant dans les méandres de son être. Peut-être était-ce pour lui une énième séance d'introspection, ou bien une fuite momentanée vers l'inconnus et le néant de son esprit. Parfois, il se mettait à douter de ce qu'il était vraiment, de qui il pouvait bien être, se trouvant parfois grotesque, parfois malsain. Mais jamais il n'en venait à changer son comportement, pas seulement à cause de sa phobie sociale, mais aussi à cause de son éthique parfois discutable. Pour lui, il ne devait jamais changer pour personne. Rester soi-même était sans doute une règle bidon et inutile pour beaucoup, mais dans un monde régit par l’hypocrisie, cela devenait presque l'égal à une révolution interne.


Nager en contre-courant n'à pourtant jamais été sont fort non plus, bien que peu sympathique envers ses congénères, il n'a jamais été foncièrement méchant. Il faisait indéniablement partit de ceux qui marche sur la berge, préférant le calme et l'espace tout en gardant en apparence un semblant de contrôle sur ses propres actions et directions.


Et ce fut en se concentrant sur les légères vapeurs d'eau chaude lui réchauffant les narines qu'il sentit soudain un léger remous non loin de lui. Au début, il pensait que ce n'était qu'un simple natif décidé à entrer dans le même bain que lui mais à une distance correcte permettant de garder un semblant d'espace vital. Bien décidé à n'en avoir rien à faire, il garda les yeux clos, serrant malgré lui la mâchoire tout en orientant inconsciemment son corps dans la direction opposée de l'individu.

« Et toi, alors ? »

Sans bouger d'un poil, il souffla un peu bruyamment. Il aurait très bien pu être exaspéré par cette question mais ce fut plutôt la certitude de la proximité de l'homme qui le stressa subitement, provoquant chez lui une légère crispation de ses muscles.

« Tu comptes aller pécho en boîte après t'être prélassé ici ? Visiblement, c'est un symbole de réussite pour ces messieurs. »

Encore une fois, il laissa un silence planer entre eux deux, pensant que si il ne répondait pas il aurait la chance de l'entendre partir et de retrouver sa sérénité si recherchée. Malheureusement pour lui, la pression l'ayant fait légèrement perdre la notion du temps, il ne saurait dire le nombre de secondes ou de minutes qui se sont écoulées avant qu'il ne daigne enfin ouvrir les yeux, avec l'impression étrangement familière que ses paupières pesaient une tonne.

Il le regarda du coin de l’œil, ne prenant même pas la peine de tourner sa tête en sa direction. Il l'observa un moment, comprenant bien vite que leur deux carrures n'avaient rien à voir l'une avec l'autre. Peut-être même qu'il en est de même avec leur caractère respectif. Peut-être aussi que leurs intentions n'étaient pas les mêmes en venant dans cet endroit.

Il se contenta de le juger pendant un instant, ouvrant à peine ses lèvres pour lui répondre d'un air complètement détaché, cachant à peine sa frustration et son stress dû à sa présence et à leur interaction, aussi brève fut-elle pour lui à cet instant.

« Toucher des inconnus? Faut vraiment être con pour en avoir envie. »

Il avala sa salive, sentant le liquide descendre à petit pas le long de sa gorge. Son anxiété tentait de prendre le dessus, quand bien même cette situation ne semblait pas stressante d'un œil extérieur. Pour lui il en était déjà tout autrement. Être plongé au milieu d'inconnu avec une seule personne parlant votre langue natale, laissant la liberté à l'inconnu de déblatérer ce qu'il voulait sans avoir à se soucier du reste semblait bien plus anxiogène qu'il ne l'aurait cru. Bien qu'il n'y avait rien eut de mal pour le moment, il s'imagina une succession d'événements tous plus glauques les uns que les autres. Il avait cette capacité spéciale permettant de transformer n'importe quelle scène de vie aussi désuète soit-elle en un film d'horreur mêlant obscénité et angoisse. Peut-être bien que dans certaines circonstance, cette capacité pouvait être un atout, dans sa vie quotidienne cela revêtait plus l'apparence d'une véritable malédiction et d'une gestion très hasardeuse de son stress et de ses pensées.

« Tu me veux quoi? »

Il tenta à nouveau de le regarder, pour s'assurer qu'il soit bien encore là et qu'il ne s'est pas mis à parler tout seul, croisant intérieurement les doigts pour qu'il soit devenu complètement malade et que cette situation n'était qu'une de ses divagations qui allait trop loin, mais il était toujours là, aussi détendu qu'à son arrivée. Par réflexe, au lieu de tourner la tête simplement il la fit basculer subitement vers son interlocuteur, comme si elle allait se détacher et tomber dans le bain.

« Tu comptes rester là longtemps..? »
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Mar 17 Déc 2019 - 15:55
Un soupir bruyant suit mon amorce de conversation. Je hausse un sourcil, jaugeant l’individu récalcitrant sans dire un mot, et le peu de distraction que j’espérais obtenir semble disparaître sous le silence que mon interlocuteur instaure alors, m’ignorant royalement. Vaguement vexé, mon visage se tord en une moue bougonne, et je détourne déjà le regard en quête d’une silhouette plus avenante et plus réceptive à mes divagations. Je ne suis pas quelqu’un de sociable, d’ordinaire. Je ne souffle pas d’exaspération lorsqu’on m’adresse la parole mais mon sarcasme très anglais exacerbé par mon tempérament mal luné suffit à écarter les insectes envahissants. Quand cela ne suffit pas, les insultes à peine voilées contribuent à me faire passer pour un connard et les humains, ces petits ego montés sur deux pattes branlantes, finissent par me laisser tranquille après un mot d’esprit. Aujourd’hui, pourtant, je suis agité par des envies goguenardes. Je veux jouer, tester, m’insurger ou contredire, voire refaire le monde avec quelqu’un qui serait partant pour engager une conversation avec un inconnu. Manque de pot, l’étranger a l’air incommodé par un balai profondément enfoncé dans ce qui lui sert de postérieur.

Contre toute attente, ce petit bonhomme parvient à articuler une réponse. Outre l’expression blasée qu’il placarde résolument sur sa face, une espèce de panneau-stop qui m’indique de lui foutre la paix, la forme de sa réponse me tire un ricanement étonné. Toucher des inconnus. Je réprime la répartie facile, celle qui consisterait à dire qu’en l’occurrence, « pécho » impliquait davantage qu’un pauvre contact physique, mais le monsieur a l’air tendu, ainsi prostré dans un coin du bain, posant ses yeux cernés n’importe où sauf sur moi. Je savais que ma carrure d’armoire à glace accentuée par une gueule aussi froide et peu avenante que la mienne faisait flipper beaucoup de monde, mais je ne pensais pas que mon aura de taré meurtrier allait me suivre jusqu’ici. Je veux dire. Je suis littéralement à poil dans un bain entouré de témoins potentiels : je vais pas le bouffer, si ?

Son « tu me veux quoi ? » méfiant achève de me convaincre : oui, il croit que je vais le bouffer. Mais mon grand, je ne te veux rien. Pourquoi sont-ils tous si égocentriques ? Pourquoi croient-ils que chaque intention dissimule une arrière-pensée ? Voyons, voyons. Vous êtes bien trop insignifiants pour que je vous veuille quoi que ce soit. Piétiner des gens comme vous serait trop facile, cela n’aurait aucun intérêt. C’est bien pour ça que je vous laisse papillonner autour de moi sans éprouver le désir de vous malmener ou de vous manipuler. Je laisse ça aux chiens habitués à aboyer, à asservir pour dominer.

« Je cherche une victime à dépouiller pour payer ma chambre d’hôtel. »

Mais si tu veux croire que j’en ai quelque chose à foutre, je veux bien jouer le jeu. Je lui adresse un sourire moqueur, un sourire qu’il ne daignera sûrement pas regarder, trop occupé à ressasser son anxiété. Je me demande s’il va se barrer en courant, quitter le bain précipitamment pour fuir le grand méchant loup que je suis, ou s’il va rester là, sans savoir comment réagir, perdu entre son désir d’action ou la paralysie. Parce que je pourrais dire vrai. Je pourrais lui vouloir du mal, l’attendre à la sortie et lui éclater le crâne contre un mur, réclamer son argent, le lui arracher comme si c’était mon dû, comme si je le méritais. Je pourrais le faire : c’est ce que ma tête de tueur à gages laisse deviner, c’est ce que la cicatrice sur mon bras laisse entrevoir. Je pourrais.

« Je viens d’arriver, donc je vais rester un moment. Il paraît qu’ils ont un super buffet près du hall, faudra qu’on y aille. »

Une hilarité grotesque menace d’exploser hors de ma bouche. Oui, je suis un chieur et j’aime l’idée de le tourmenter un peu. Mais il ne fallait pas me montrer cette faille, si étroite soit-elle – ça me donne envie de creuser, de remuer doucereusement le couteau dans la plaie. Je m’accroche à l’ombre d’une distraction, prêt à m’amuser du moindre rictus ou signe d’inquiétude. Je joue avec toute l’innocence du monde, comme un chat qui torturerait habilement une petite souris entre ses griffes. De loin, l’image pourrait être banale. Mais pas sûr que la proie partage ce point de vue...



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Dim 22 Déc 2019 - 15:29
La conversation changeait brusquement de rythme dès que l'inconnu répondait. Cela eut pour effet d'accroître ce sentiment de gêne chez Calixte qui ne se contenta que d'un bref rire nerveux en l'entendant déblatérer ses paroles. Pourtant il ne le regardait pas, préférant toujours avoir l'air occupé à autre chose, espérant intérieurement qu'on lui lâche enfin la grappe. Peut-être que s'il osait enfin réellement poser son regard sur lui, il y verrait quelqu'un de différent du grand méchant loup qu'il semblait déjà imaginer en train de le ruer de coup, pour exécuter ces pseudos menaces dont personnes n'en aurait cru un seul mot. Pourtant il n'y arrivait pas, l'idée lui ayant déjà traversée la tête il était impossible pour le moment de faire redescendre la pression. Aucun retour en arrière ne semblait être possible.

Mais contre toute attente il voulut lui répondre, malgré le temps de latence, il voulait lui dire d'aller se faire voir ou de se la fermer, mais lorsqu'il essaya sa voix resta coincée au fond de sa gorge, lui donnant l'air de suffoquer. Il tourna la tête, camouflant son énième instant de faiblesse pour éviter une quelconque remarque supplémentaire. Et ce fut lorsqu'il tentait vainement de reprendre son souffle, la vapeur s'agglutinant dans ses poumons, qu'il entendit derrière lui la voix de l'inconnu.

« Je viens d’arriver, donc je vais rester un moment. Il paraît qu’ils ont un super buffet près du hall, faudra qu’on y aille. »

L'américain ferma ses yeux pendant quelques secondes, travaillant toujours sur sa recherche d'air pour tenter de remplir ses poumons. Quand il en eut enfin assez pour reprendre une respiration correcte, il tenta d'avoir un contact visuel, cherchant plus à avoir un repère, quelque chose sur quoi se concentrer. Il laissa ses yeux divaguer quelques instants, s'arrêtant de temps à autre sur le corps de l'inconnu avant de se caler sur son visage.

« "On"..? »

Il tenta un petit rire qui ne cachait rien de son état mental, ressemblant plus à un déchet qui tentait tant bien que mal de prouver qu'il fonctionnait toujours et qu'il n'était pas bon pour les ordures. Peut-être bien qu'il vivait trop à travers le regard des autres, mais il ne pouvait s'empêcher de croire qu'on lui voulait constamment du mal. Et même si sa respiration restait bruyante et saccadée, il parvenait à articuler quelques mots qu'il semblait balancer sans réfléchir. Après tout, le social n'a jamais été son fort.

« T'es quel genre de personne? »

Question banalité, il ne s'y connaissait pas non plus. Et sans doute le fait qu'il semblait avoir abandonner toute cogitation devenait de plus en plus flagrant. On lui avait conseiller maintes fois de se vider la tête lorsqu'il se sentait surmener moralement, mais l'application de ce principe avait en soit quelques défauts pouvant mener à de bien étranges résultats.

« J'dois paraître complètement pété. C'est con mais j'y arrive pas. J'arrive pas à être bien. »

Cette fois-ci il ria plus bruyamment, ayant pourtant conscience de cet état lamentable il n'arrivait plus vraiment à se concentrer pour garder le contrôle de quoi que ce soit. Et c'était bien partit pour qu'il paraisse comme étant le gars glauque que personne ne voulait fréquenter.
Il s'arrêta là pour la conversation verbale, son corps tout entier criait son mal être alors que sa tentative de sourire voulait prouver le contraire. Cette contradiction physique ne devait sans doute pas être la chose la plus belle à voir, et devait encore moins être rassurante d'un point de vue externe.
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Mar 31 Déc 2019 - 22:03
Son rire a quelque chose de pathétique, une hilarité de fond de gorge, un peu rauque et désespérée, brève et factice. Il me ferait presque de la peine. Presque, parce que ses carences sociales me donnent envie de m’en moquer, d’aller chercher plus loin, de le titiller davantage pour extraire autre chose que ces rictus artificiels et crispés. Enfin, il ose me regarder ; il me jette un œil de biais, comme un animal effrayé qui préférerait sa vision périphérique plutôt qu’un contact frontal. Il m’a l’air craintif, hésitant, et j’ai soudain l’impression de lui paraître plus cruel que je le suis réellement. Je soutiens placidement son regard, quelque peu refroidi face à ses doutes, et le petit bonhomme cabossé me demande quel genre de personne je suis.

J’avoue que c’est chelou, cette question. Pas vraiment le genre de trucs qu’on ose demander à autrui lors d’une première rencontre. Je ricane, toujours ce rire railleur, amusé par sa bizarrerie et sa spontanéité singulière, et je m’interroge une seconde quant à la sincérité de cette question prononcée d’une voix incertaine, les syllabes de l’inconnu jouant un tempo irrégulier.

« T’es chelou, un peu. »

Sans doute est-il déjà au courant, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'appuyer dessus parce que oui, il est chelou. Je sais pas ce qui lui prend, mais avant même que je puisse répondre à sa question sérieusement, il poursuit, m’expliquant qu’il n’arrive pas à « être bien ». Alors je hausse les sourcils, incrédule, et puis les fronce, incapable de savoir où il veut en venir. Être bien ? En société ? Je veux dire. Est-ce que c’est grave de ne pas être bien avec les autres ? Au moins, il ne tue pas des gens et n’agresse pas ses amis proches à coups de couteau. Je pense que si on faisait un concours de névrosés, je gagnerais haut la main.

Je suis censé me moquer de lui ou tenter de le réconforter ? Lui dire que c’est pas grave, que ça va passer, qu’au fond il est chelou mais qu’il me semble moins débile et arriéré que ces Japonais bruyants babillant sur Satoshi-san et son beau cul ? C’est pas vraiment mon genre. Et pour le coup, c’est lui qui réussit à me mettre mal à l’aise. Je l’observe un moment, sans rien rétorquer. J’accueille son rire sans réaction ; encore une fois, il a des allures désespérées, et je me demande un instant pourquoi il éclate comme ça, se livrant à un inconnu qui, de prime abord, semble bien décidé à le railler. Mauvaise journée, peut-être ? Ou mauvaise vie ? Je m’éclaircis la gorge, un peu moins sûr de moi, maladroit devant les émotions des autres, pas foutu de les comprendre et d’afficher une réaction adéquate à ce genre d’attitude ou de détresse.

« Comment ça, t’arrives pas à être bien ? T’es flippé des gens, ou un truc du genre ? J’y connais rien à ces trucs-là, mais je suppose que pas être à l’aise c’est… ballot. »

Oh, je suis certain qu’après des évidences pareilles et face à mon empathie à couper le souffle, le petit bonhomme sera frappé d’une illumination et me remercia d’avoir prononcé ces mots empreints de bon sens, ne tarissant pas d’éloges sur mes conseils avisés. Mais que peut-on attendre de moi, si ce n’est une maladresse abyssale et des phrases toutes faites ? Je ne sais pas ce qu’il traverse. Je n’ai aucune idée des épreuves que constituent ses souffrances – et j’en ai rien à cirer. C’est précisément pour ça que moi-même, j’évite de me confier à autrui ou de laisser entrevoir ne serait-ce qu’un pan d’une prétendue faiblesse : les gens n’ont pas à voir ça. Je ne devrais pas voir ça, oui, et pourtant il me le montre quand même. Gêné, je tente de changer de sujet. Parce que de toute évidence, je suis pas son psy.

« Quel genre de personne je suis ? Le genre à faire chier, je suppose. Mais pas le genre foncièrement méchant. Je crois que moi non plus je sais pas être tout à fait bien, mais c’est le cas de tout le monde. Même ces gros porcs à côté de nous ont des peurs et des complexes, c’est humain. On est tous complètement pétés. Mais bon, toi… tu n’arrives pas à le cacher. »

Je laisse le silence retomber entre nous, bien conscient que l’enrôler dans une longue discussion risquerait de lui provoquer un AVC, et détourne le regard vers les autres hommes barbotant joyeusement dans cette eau trop chaude. Leur discussion tourne encore autour de leurs collègues de travail, de leurs soirées après le boulot et de la fois où l’un deux a impressionné une minette dans une salle de karaoké. Passionnant au possible.

Finalement, après quelques minutes de blanc, je reviens à la charge, l’air de rien, lui retournant la question avec toute l’innocence du monde.

« Et toi, t’es quel genre de personne ? »



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L’AIGLE, ROI DES DÉSERTS, DÉDAIGNE AINSI LA PLAINE, IL NE VEUT, COMME TOI, QUE DES ROCS ESCARPÉS QUE L’HIVER A BLANCHIS, QUE LA FOUDRE A FRAPPÉS OU DES CHAMPS TOUT NOIRCIS DES RESTES DU CARNAGE. parle en #384c83