薄明

Des brumes de Kobe au soleil éclatant de Sanda, des policiers et yakuzas sont assassinés dans la plus sordide des mises en scène, avec un même symbole tatoué sur la langue. Parmi les touristes survoltés et les citadins forgeant leur vie dans les vicissitudes et les joies, au creux d’une foule compacte d’ingénus excentriques, d’individus candides, de salarymen scrupuleux et d’étudiants pleins de rêves et d'ardeurs, la mafia japonaise semble se scinder en deux.

Kobe, capitale de l’Excellence, voit peu à peu émerger une organisation criminelle plus opulente et déterminée qu’à l’accoutumée. La mafia japonaise, qui jusque là avait son siège au cœur d’Inazami, se voit débordée par un groupe rival, brutal et déchaîné. Un noyau constitué de criminels révoltés contre le code d’honneur des yakuzas, œuvrant à Sanda, et résolus à asseoir leur emprise sur Kobe.

Lire la suiteforum city · avatars manga · 250*400

hakumei
à l'aube de votre destinée

icon_stafficon_stafficon_staff

20 juillet 2019A l’issu de la dernière MàJ, Amai Gakuen devient Hakumei. Bienvenue sur cette V2 toute neuve, proposant tout un panel de nouveautés qui, nous l’espérons, saura susciter en vous l’inspiration pour des Rps toujours plus déjantés : www

30 juin 2019Un nouveau RP libre a été posté par votre PNJ Alphonse Murphy. Au programme : festivités au district Fujin à l’occasion du Festival du Tanabata, célébrant les étoiles et l’amour. N’hésitez pas à y jeter un œil, et pourquoi pas, à venir y participer : www




 
Welcome to Hakumei,
alcool et pizza (pv. ashton)
Hakumei :: Kobe :: District Uzume :: Appartements :: Appartement Coriolis Y. Miura
Page 1 sur 1
Coriolis Y. Miura
membre artiste & caissière dans un konbini
Coriolis Y. Miura
membre artiste & caissière dans un konbini
alcool et pizza (pv. ashton) TCO
Âge : ?
Genre : F
Messages : 25
Posts RP : 12
Mar 31 Déc 2019 - 13:50

alcool et pizza

ashton & yoko

pas simple, cette soirée avec logan. combien de verres est-ce qu’ils ont enchaînés déjà ? yoko ne sait plus. elle hausse les épaules. abandonne. compter est inutile. le fait est là: elle est ivre et épuisée.
enfin, pas tout à fait. il est déjà deux heures du matin et tout commence à redescendre. elle retrouve ses esprits, petit à petit.

elle est chez elle, allongée sur son lit. elle fixe le plafond d’un regard blasé. qu’il est moche, ce plafond. elle songe. moche, pas vraiment. banale oui. rien qu’un plafond d’un blanc de plâtre avec quelques fissures et imperfections. mais ça lui occupe le cerveau le temps qu’elle se rende compte de la bassesse de son état physique et mental.

et puis finalement, son cerveau se détache de son toit. l’alcool s’échappe petit à petit de son corps. elle en ressent le contrecoup. elle est fatiguée, mais n’arrive pas à dormir. sa tête lui fait mal, mais pas assez pour qu’elle arrête de réfléchir.
les états comme ça, elle les connait bien. c’est ceux où elle s’ennuie. où son corps fourmille d’envie de faire quelque chose. cet état instable, ce début d’enivrement qui l’excite et lui donne envie d’être euphorique. mais pas assez pour que la fatigue n’ai raison de son corps et qu’elle mette fin à sa béatitude.

non non, c’est pile entre les deux. et dans les moments comme ça, yoko n’a besoin que d’une chose.
alors, dans un ultime effort, elle attrape son téléphone et tapote du bout de ses doigts. yo. t’as pas un dix balles à me dépanner ? envie de fumer grave. passe à l’appart ou s’roule un pet. elle finit d’écrire son message, satisfaite. elle se relève, prends son carnet pour s’installer à son ordinateur. coriolis se sent inspirée. elle a une petite idée d’une prochaine oeuvre d’art.
contre qui , cette-fois ci ? pourquoi pas cette nouvelle chaîne de fast-food financée secrètement par la mafia ? et qui sous une publicité de types responsables et écolos se cachent les pires magouilles ? pourquoi pas.
elle note.

ce petit exercice d’inspiration la tient éveillée une bonne demi-heure, mais elle commence à se lasser. elle a vraiment besoin de fumer pour faire repartir la machine. besoin de s’échapper de cet état latent qui l’angoisse. besoin d’un petit pic de divertissement.
et puis finalement, on toque à la porte.
alors, vêtue de son meilleur pull troué et toujours trop grand pour elle, et d’une culotte colorée, elle s’empresse d’aller ouvrir. elle pousse sur son passage les quelques affaires qui traînent, sans trop se préoccuper du désordre: pour une fois, son appart est plutôt rangé.

et puis, yoko ouvre. toute excitée à l’idée de récupérer son herbe.
bah. t’es qui ?
son sourire se désagrège en une moue dubitative. devant elle ne se tient absolument pas son dealer. ou alors il a bien changé. non non. juste devant ses yeux cernés et confus: un jeune homme en tenu de livreur. deux pizzas dans les mains.
blond, mignon. mais pas celui qu'elle attendait.
mec, c’est toi qui à la weed ? depuis quand ça à changé ? et pourquoi t’as des pizzas ? c’est une couverture ? c’est malin mais bon, c’est peut-être pas nécessaire à deux heures du matin hein…

elle parle beaucoup. son cerveau s’active et ne comprends pas. alors yoko compense par la parole.
après tout, pourquoi pas ?

@nébuleuse
Ashton Miller
membre professeur particulier d'anglais - libraire & livreur
Ashton Miller
membre professeur particulier d'anglais - libraire & livreur
asshole
Âge : 23 ans
Genre : Masculin
Messages : 45
Posts RP : 28

Fiche de personnage
Citation/Boîte à RP:
Ven 3 Jan 2020 - 16:49
Tu te dis une fois de plus, alors que la porte s’ouvre et qu’un homme à l’apparence douteuse et à l’odeur qui va avec apparaît, que tu devrais changer de travail. La pizza passe de ta main à la sienne, fébrile, et il te tend l’argent sans dire un mot après avoir signé. Vu sa tête, tu ne cherches pas à engager la conversation, surtout qu’il n’attend pas que tu aies fini de vérifier la somme qu’il vient de te donner pour refermer la porte. Tu ne soupires pas, c’est ta routine nocturne. De nos jours, les gens paient d’ailleurs par carte via internet. C’est plus pratique, et ils n’ont pas à parler avec le livreur. Livreur de pacotille, doivent-ils penser, un être inférieur. Enfin, c’est ce que tu penses d’eux, tu les représentes avec cette expression fade et aussi belle qu’un masque, tandis qu’à l’intérieur, c’est le mépris pour un tel métier qui tort leurs traits de lâches. Tu es un peu parano, Ashton, mais en même temps, tu n’en as rien à foutre. En fait, tu joues la victime, tu te dis que tu es le pauvre gars relégué aux pires tâches, mais tu ne peux rien y faire. C’est comme ça, tu subis et tu vis ta vie en méprisant les autres parce que tu penses qu’ils te prennent de haut. Tu te fais des ennemis seul, juste pour le plaisir de détester les autres.

Tu ranges l’argent dans la banane destinée à cet usage et, revenant auprès de la moto prêtée par la pizzeria, tu jettes un coup d’œil aux livraisons restantes. Ton regard ambré s’illumine à la lumière des lampadaires alors que tu te rends compte qu’il ne t’en reste plus qu’une. ‘A 2h du matin, heureusement que c’est la dernière.’ Tu commences à fatiguer un peu, et tu aimerais simplement rejoindre ton appart moisi pour retrouver ton lit et dormir, juste un peu. La journée était longue : sitôt la librairie fermée, tu as dû filer à la pizzeria. Tu n’enchaînes normalement pas ces deux boulots-là, mais c’est cette fois une occasion toute particulière : un collègue manquant, un besoin d’arrondir la fin de mois… Tu as accepté, pour un soir de plus, d’enfiler cet uniforme d’un rouge beaucoup trop clinquant à ton goût. Cette fois, le soupir réussit à s’échapper de tes lèvres entrouvertes et tu replaces sur ta tête le casque de moto obligatoire pour te déplacer. Le manager t’a une fois surpris à te balader sans le mettre et il t’a remonté les bretelles. La sécurité, et bla bla bla, notre responsabilité, bla bla… Tu as poliment acquiescé alors que tu n’en avais rien à foutre à l’intérieur. Cependant, perdre ton boulot ne t’aurait pas plu, alors tu as consenti à te comporter comme un employé modèle.

Bien installé sur ta moto, tu tournes la tête pour vérifier que la voie est libre avant de t’engager sur la route. La prochaine et dernière destination n’est pas bien loin, et tu y arrives en quelques minutes à peine. C’est surtout parce que les rues sont bien moins encombrées que d’ordinaire. ‘On se demande pourquoi, ça devrait être bondé à une heure pareille, voyons !’ Ah, le sarcasme. Tu arrêtes la moto, coupes le contact et, les clés dans ta poche et les deux pizzas en main, tu tapes le digicode indiqué sur le bon de commande affiché sur le boîtier électronique et tu franchis la porte de l’immeuble. Tu veux en finir, et tu espères que ça ne sera pas quelqu’un de louche. Tu as un vrai problème avec l’apparence des gens, et l’odeur qui sort de leur domicile. ‘J’vis à Inari mais au moins, je prends des douches et je nettoie mon appart.’ Mais oui, Ashton, tu es parfait. Tu lances un dernier regard au boîtier avant de fourrer dans ta poche d’uniforme, et tu décides de prendre l’ascenseur jusqu’au sixième étage. ‘Faut pas forcer, jfais pas ça à pied.’ Ting ! Les portes s’ouvrent, tu sors, l’odeur des pizzas finit presque par te dégoûter, ça fait presque trois heures que tu sillonnes la ville, faisant des allers et retours entre la pizzeria et les lieux de livraison.

Tu veux vérifier le numéro de l’appartement sur le bon de commande, ta main fouille dans la poche ouverte, attrape le boîtier. Tu fronces les sourcils en voyant l’écran noir, tu ne comprends pas, il ne s’allume plus. Un long soupir s’échappe de ta bouche, tu te dis que tu dois être maudit, c’est ça, c’est le karma qui te rattrape. Mais tu fouilles dans ta mémoire immédiate, quelques chiffres te reviennent, tu n’es pas sûr mais tu tentes le coup. Au pire des cas, tu téléphoneras à la pizzeria. Tu te diriges vers l’appartement en question et tu toques à la porte. Trois coups, audibles. Comme un con, tu attends là, tu te dis que tu vas retoquer si la personne ne t’ouvre pas, mais la personne t’ouvre. Et ce n’est pas un mec louche et nauséabond. C’est une gamine dans un pull trop grand, pas de bas et juste une culotte, l’air défait. Bon, tu sembles quand même détecter une légère odeur d’alcool. Finalement, c’est bien une personne louche, au look sac poubelle et à l’odeur douteuse. Tu fronces les sourcils à ses questions singulières, les yeux baissés sur son visage de poupée. Nope, c’est pas la bonne personne. Tu t’apprêtes à l’interrompre, histoire de pas perdre de temps avec son blabla inutile, mais sa voix et son discours te gardent silencieux. Parce que tu es amusé. Parce que cette petite chose te donne envie de rire et de l’écraser. Ouvrir dans cette tenue-là, à une heure pareille, demander de quoi fumer et continuer de faire la conversation alors qu’elle ne connaît finalement pas le bougre, c’est peu recommandé, et assez dangereux.

Tu la laisses donc finir, un léger sourire sur les lèvres. Malgré l’heure, elle a l’air d’avoir de l’énergie, la petite.

« Je pense qu’il y a erreur sur la personne, mademoiselle. Je suis un vrai livreur de pizza, et faudrait m’payer. »

Tu restes sur du classique pour l’instant, tu veux voir comment elle réagit.

« Et, si je n’m’abuse, l’herbe est interdite. »

Tu la regardes, un air légèrement inquiet sur le visage. Il est clair que tu aimes énoncer les faits. Ça te permet de jauger une personne par ses réactions, prévoir tes gestes et tes mimiques. Tu t'autorises une dernière remarque.

« Vous allez bien ? »

Tes yeux ambrés parcourent son visage d’enfant, ils cherchent pour l’instant sans trouver de réponses à tes questions. Tu t'amuses déjà un peu, tu as cette lueur au fond des yeux, tu ne peux t'empêcher de vouloir fourrer ton nez là où il ne faut pas.
Coriolis Y. Miura
membre artiste & caissière dans un konbini
Coriolis Y. Miura
membre artiste & caissière dans un konbini
alcool et pizza (pv. ashton) TCO
Âge : ?
Genre : F
Messages : 25
Posts RP : 12
Dim 5 Jan 2020 - 22:55

alcool et pizza

ashton & yoko

il semble sourire en écoutant ce que yoko déblaterai. celle-ci ne le remarque pas. se concentre simplement sur sa réponse. confuse.
hein ?
comment ça il y a erreur sur la personne ? comment ça c’est un vrai livreur de pizza ? ça veut dire que l’herbe n’est pas là et qu’elle se retrouve avec deux pizzas sur les bras ?
bah big up.

alors, oui, mais en fait non. j’ai pas commandé ça moi. c’est chiant.
elle passe une main dans ses cheveux, attrape les mèches qui tombaient sur son visage pour les plaquer sur son crâne. ça remonte son pull et dévoile une partie de son ventre.
sauvage.
yoko n’est pas pudique. se fiche bien de se pointer presque nue devant un livreur de pizza. c’est loin d’être sa préoccupation principale à l’heure-là. non, là, c’est l’absence de drogue et la présence inopinée du repas qui l’embête.

plongée dans ses pensées, elle relève la tête pour écouter ce que le jeune homme a à lui dire. elle hausse un sourcil suite à sa remarque. il est sérieux ? il ne va quand même pas lui faire la morale parce que la drogue est interdite, si ? évidemment que c’est illégal. yoko le sait très bien. mais elle sait aussi que tout le monde en prends. en cela, ça ne la fait absolument pas culpabiliser.
elle hausse les épaules.
ah bah, ouais. mais bon. la fraude fiscale est interdite, ça n’empêche pas les politiciens de s’en mettre plus les poches. le crime aussi, est interdit par la loi. mais ça n’a jamais été aussi instable dans les quartiers les plus sombres de sanda. vol, agression, réglages de comptes et parfois même meurtres… c’st pas un joli tableau.
elle ricane avec sarcasme. rien que d’y penser, ça lui rappelle que ce monde est absurde et que les gens l’acceptent. c’est fou, c’est abject. on marche sur la tête.
alors c’est pas un petit joint qui va poser problème, si ? d’autant plus que je ne fais de mal à personne.

la fatigue et sa franchise parle pour elle. elle a balancé tout ça à cet inconnu sans aucune gêne. bavarde, yoko. elle parle. elle parle tout le temps et sans aucun problème. livrant ses pensées à n’importe qui tant qu’on veut bien l’écouter.
une fois son monologue terminé, après avoir grogner une dernière fois, elle plante ses yeux ébènes dans ceux du livreur. elle sourit à sa question.
ah ! ouais, je vais bien. un peu claquée. et désolée pour ma tenue, mais bon.je suis chez moi. qu’elle se retient d’ajouter. franche, mais pas assez pour en oublier la politesse.
son regard quitte les yeux ambrés du blond pour revenir sur les pizzas.
pour ça ben… t’es sûr que c’est bien ici l’adresse ? parce que j’ai rien commandé moi. fin, pas de pizza en tout cas.

si ça ne tenait qu’à elle, elle les aurai prise. elle commence à avoir bien faim, et n’a rien mangé depuis 6h. le kebab avec logan a été suffisant pour éponger l’alcool, mais pas assez pour tenir toute la nuit.
mais yoko se refuse à priver quelqu’un de ses pizzas.
ça doit être à un voisin j’pense. c’est quoi l’adresse ? même si c’est chelou de commander un truc à 2h du mat mais bon, j’juge pas.
autant retrouver le vrai client. de toute façon elle n’a que ça à faire pour le moment.
ah au fait, j’m’appelle yoko. et toi, m’sieur le livreur de pizza ?
elle prends un ton plus sauvage et mielleux. elle a senti que lui aussi, dans ses questions et son ton, jouait. alors elle décide de rentrer dans la danse. elle le toise, plonge ses yeux dans les siens pour voir.
ça l’occupera quelques minutes en cette longue nuit qui s’annonce.


@nébuleuse
Ashton Miller
membre professeur particulier d'anglais - libraire & livreur
Ashton Miller
membre professeur particulier d'anglais - libraire & livreur
asshole
Âge : 23 ans
Genre : Masculin
Messages : 45
Posts RP : 28

Fiche de personnage
Citation/Boîte à RP:
Ven 17 Jan 2020 - 13:26
« Ah putain, si je m’attendais à ça. »

Remarque soufflée, à peine audible, alors qu’elle ricane après sa tirade. Le sourire qui étire tes lèvres est amusé, la gamine a du répondant, un système bien huilé dans la caboche, malgré l’état de dépravation dans laquelle elle semble être. Tu finis par détecter l’odeur de l’alcool, émanant d’elle, mais heureusement pour toi, aucun rictus dégoûté ne vient déformer ton visage. Tu aurais pu la vexer, ça aurait été trop tôt pour un retournement de situation.

Elle pose d’autres questions, elle parle beaucoup, c’est bien. C’est mieux que les mutiques que tu rencontres, qui te dévisageant et te lâchent un simple « merci » du bout des lèvres. Tu hoches la tête, elle semble vouloir t’aider. Tu la trouverais presque sympathique. Si seulement elle ne buvait pas. Tu laisses échapper un petit rire alors qu’elle se présente. ‘Ah, ça devient convivial.’ Tu remarques le léger changement d’attitude. Tu es sensible à ce genre de chose, surtout parce que tu es observateur, et que ton comportement se base sur celui des autres, tu te moules à leurs réactions pour en tirer tout le jus. C’est parfois contraignant, mais au moins, tu ne t’ennuies pas. Parce qu’au final, tu redeviens toi-même, que les autres le veuillent ou non, tu abandonnes ton costume d’usurpateur pour révéler ta personnalité étrange, paradoxale, pourrie. Tu suis le mécanisme inverse de la transformation de la chenille en papillon.

« Enchanté mad’moiselle, moi c’est Ashton. »

Tu regardes autour de toi, le couloir allumé, l’absence de bruits sur le palier. Tout le monde doit être en train de roupiller, tu lâches un petit soupir, et tes yeux finissent par revenir se poser sur la jeune fille. Elle est jolie, une sorte de beauté fraîche et presque innocente, contrastant avec ce que tu viens d’apprendre d’elle. Mais qui es-tu pour juger ?  Et puis, tu n’en as pas grand-chose à faire, c’est vrai.

« Le boîter ne fonctionne plus, j’ai pas l’adresse. Vous m’accompagnez faire du porte à porte ? »

Tu peux être un délice pour les yeux, Ashton. Nonchalant, le visage détendu, un joli sourire sur les lèvres, tu sais que tu peux plaire. Mais ce n’est pas ça qui t’amuse, alors ton pseudo-charme, tu ne l’utilises pas consciemment. Et de toute façon, tu es trop négligé pour séduire qui que ce soit, tu le sais, ça aussi. Tu n’espères pas forcément obtenir quelque chose grâce à ton apparence,  tu utilises seulement ton charisme pour que les gens t’écoutent, pour qu’ils tombent dans le piège de ton masque de gentillesse. C’est tout.

Tu n’attends pas sa réponse et tu vas sonner directement. Aucune réponse, tu t’attendrais presque à recevoir des insultes, lancées depuis la chambre à coucher. Tu échanges un regard avec la demoiselle, puis tu retentes ta chance à une autre porte, puis à une autre. Puis ça te fatigue, tu n’aimes pas te prendre autant de vents d’affilée. C’est franchement pas agréable, tu aimes l’attention, et pas le silence de mort qui suit chaque son strident de sonnette.

Un soupir franchit de nouveau tes lèvres. Tu te tournes vers la jeune fille, et tu entreprends de lire ce qui est écrit sur les tickets agrafés aux boîtes à pizza.

« Alors, j’ai une quatre fromages et… et une hawaïenne. »

Un petit rire t’échappe. Tu lèves les yeux vers elle, tu lui fais un clin d’œil. Tu es si naturel, Ashton.

« J’espère que vous aimez l’ananas sur les pizzas, mad’moiselle. »

Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu es clairement en train de lui offrir les pizzas. Mais en même temps, tu attends de voir si elle t’invitera à rester. T’as du culot, de penser qu’elle puisse te faire une proposition pareille. Mais elle est si amicale, elle a sans doute encore un peu d’alcool dans le sang. Tu ne comptes pas lui faire quoi que ce soit, il y a une ligne que tu ne veux pas franchir, c’est dégoûtant, même pour toi. Et puis, tu n’as pas envie de coucher avec qui que ce soit ce soir, tu n’es pas dans le bon mood, on va dire ça comme ça. Non, tu veux juste passer une nuit tranquille, que ça soit en dormant, ou en bouffant des pizzas avec une inconnue et tenter d’en savoir plus sur elle. Parce qu’elle a l’air intéressante, que sa répartie t’a impressionné, au fond de toi, et qu’elle semble pas être prise de tête. Ça fait longtemps que tu n’as pas traîné avec des gens comme ça, tu passes la plupart de tes soirées seul, ou bien dans des bars, à voir dans le regard des autres cette euphorie alcoolisée se développer et gonfler comme un ballon, et tu t’empresses d’aller l’éclater avec toute ta jubilation tordue. Ce n’est pas la définition d’une bonne soirée, en somme.

Tes yeux traînent sur les murs du couloir, reviennent sur la fille et se plongent dans les siens, tu attends sa réponse. Tu n’as pas d’espoir, pas d’attente réelle, si elle embarque les deux pizzas dans son appart’ et te laisse sur le palier, tu ne t’en offusqueras pas, et tu sauras que c’est une personne tout à fait normale. Tu repartiras simplement, pour déposer ta moto à la pizzeria, et tu rentreras chez toi pour une bonne nuit de sommeil. C’est aussi simple que ça.
Coriolis Y. Miura
membre artiste & caissière dans un konbini
Coriolis Y. Miura
membre artiste & caissière dans un konbini
alcool et pizza (pv. ashton) TCO
Âge : ?
Genre : F
Messages : 25
Posts RP : 12
Mar 21 Jan 2020 - 18:32

alcool et pizza

ashton & yoko

accoudée contre sa porte d’entrée, elle le laisse faire, amusée. elle l’observe faire du porte à porte, à sonner un peu désespéré. le dénommé ashton n’a pas beaucoup de succès: personne ne vient répondre lorsqu’il toc. il va bien falloir se rendre à l’évidence: les pizzas ne trouveront pas leur client ce soir. elle ne lui dit pas, yoko préfère le laisser galérer encore un peu.
il est plutôt mignon, ce type. tout à fait son style en fait. des petites bouclettes blondes, épaisses, et des yeux sacrément mielleux.

bon, et bien on dirait que les pizzas sont pour moi.

ça ne l’arrange pas. yoko n’avait pas prévu de payer de la bouffe ce soir. mais bon, elle préfère de loin les acheter plutôt que de forcer le livreur à les jeter. le gaspillage, c’est pas son truc. le livreur semble avoir la même idée, puisqu’il lui propose l’hawaïenne. ce qui sous-entends notamment qu’il compte garder la quatre fromage. ce qui amène yoko à deux possibilités: soit il souhaite faire moitié-moitié et repartir avec l’autre pizza, soit il est en train de s’inviter chez elle.

j’suis pas contre le sucré-salé, donc pourquoi pas.

elle soutient son regard et réfléchit un instant. elle pourrait prendre la pizza, le payer et lui fermer la porte au nez. mais ce n’est pas ce qu’elle va faire. parce que ce n’est pas son style. yoko n’est pas contre un peu de compagnie, au contraire.
alors elle finit par se retourner pour rentrer chez elle. par dessus son épaule, elle l’interpelle:

bon, mon très cher ashton, on va pas les manger dans le couloir de l’immeuble si ? aller rentre, mais enlève tes chaussures dans l’entrée s’il te plaît !

yoko lui indique la cuisine de la main droite avant de filer dans sa chambre mettre un short.

elles sont prédécoupées les pizzas ? si non prends un couteau dans la cuisine et ramène toi ici. ah et, prends une chaise aussi s’il te plaît !

pendant ce temps, elle ouvre les rideaux de sa chambres pour dévoiler une grande baie vitrée qui donne sur les lumières de la ville. plus sympathique, comme ambiance.
elle pousse ensuite les affaires de son bureau pour faire de la place, ne laissant que son ordinateur allumé sur le coin de la table. elle était en plein traitement de photos sur photoshop. on peut donc y apercevoir les clichés qu’elle a prit récemment avec juliet, lors de leur sortie à inari. y défilent donc des photos du temple, des jardins, du givre et du paysages.
ashton la rejoint, elle s’installe donc à son bureau et lui fait de la place.

bon, j’te dois combien du coup ? on fait moitié moitié ?

ça lui semble tout de même plus équitable que de tout payer, même si dans le fond, ça lui est bien égal. elle l’observe un peu, se demande pourquoi elle l’a laissé entrer, puis se rappelle que c’est plus amusant comme ça.

et du coup, m’sieur le livreur, qu’est-ce que tu fais dans la vie à part ramener des pizzas à des vieux types au milieu de la nuit ?

quitte à ce qu’il reste, autant apprendre à le connaître.

@nébuleuse
Ashton Miller
membre professeur particulier d'anglais - libraire & livreur
Ashton Miller
membre professeur particulier d'anglais - libraire & livreur
asshole
Âge : 23 ans
Genre : Masculin
Messages : 45
Posts RP : 28

Fiche de personnage
Citation/Boîte à RP:
Jeu 23 Jan 2020 - 15:14
Une réponse positive. Mais pas une réponse claire. Tu lèves un sourcil, tu ne sais pas quoi faire, avec les deux pizzas dans les bras. Tu as l’air un peu con, c’est surtout l’uniforme qui fait ça. Tu restes statique, dans le couloir, ce n’est pas respectueux de t’inviter chez quelqu’un sans demander la permission. Mais c’est également déplacé de demander si tu peux squatter chez quelqu’un. Alors tu attends, c’est mieux comme ça, tu te sens d’humeur à laisser couler, à ne pas te prendre la tête. C’est moins divertissant, d’un côté, mais c’est également plus reposant. Et après une soirée entière à livrer des pizzas à des gens chiants, il vaut mieux pour toi de te laisser porter à la dérive, suivre les envies de cette adulte enfantine, qui finit par t’inviter à l’intérieur de son appartement.

Tu souris, elle n’a pas froid aux yeux. ‘Heureusement que c’est sur moi qu’elle est tombée, et pas sur un autre.’ Les femmes ont peur, de nos jours, et elles ont raison de se méfier. La demoiselle qui est déjà retournée dans les profondeurs de sa tanière ne semble pas connaître le mot méfiance. L’alcool abolit beaucoup de choses.  Tu laisses échapper un rire à aux ordres lancés depuis l’appartement.

« Bien, madame. »

En bon soldat, tu entres, tu refermes la porte derrière toi – pas besoin de verrouiller, tu supposes – et tu enlèves tes chaussures. Les pizzas sont prédécoupées mais tu passes quand même dans la cuisine pour y prendre une chaise, que tu portes à une main, l’autre balançant toujours les deux pizzas. La jeune femme aurait pu t’en débarrasser, mais tu ne t’en offusques pas. Elle t’offre déjà un endroit où traîner, un lieu confortable, autre que ton appartement, autre que la familiarité qui t’entoure sans cesse. Ça fait parfois du bien de découvrir autre chose, de s’aventurer dans l’inconnu, y planter ton drapeau de conquérant, y laisser tes marques, des traces de ton passage. Tu aimes que l’on se souvienne de toi.

Tu reprends ton chemin en direction de la chambre, notant au passage une autre porte, sans doute la salle de bain. Tu ne t’attardes pas et tu fais irruption dans la chambre. Déjà, tu râles, tu ne veux pas rester silencieux.

« Madame me traite comme son serviteur. T'aurais pu m'aider. »

Ton intonation est travaillée, modulée, et pourtant si naturelle. Un poil moqueuse, un peu de reproche, mais avec une nuance presque triste. Tu regardes autour de toi, alors que tu poses la chaise à ses côtés. Les lumières de la ville sont magnifiques. ‘Magnifiquement clinquantes.’ Tu es un rabat-joie, Ashton, mais tu ne le montres pas. Tu les regardes quelques instants, scintiller dans la nuit, puis tu te détournes, tu déposes les pizzas sur la table sans faire attention au reste de la chambre. Non pas que ça ne t’intéresse pas, mais tu verras bien en temps et en heure, tu ne t’en fais pas pour ça. Ton attention se porte plutôt sur les images qui défilent sur l’écran allumé de l’ordinateur portable. Tu reconnais les lieux qui sont photographiés : c’est ton quartier. Rien ne s’affiche sur ton visage, tu es un bon comédien. Tu ne laisses rien paraître, mais ça te fait bizarre de voir ces lieux sur un écran quelconque. Et tu peux ressentir la fracture sociale, de nouveau, alors que tes yeux sont attirés par les lumières d’Uzume, à travers la baie vitrée. Rien que l’appartement en lui-même te renvoie à ton minable domicile, et tu déglutis discrètement. Tes moyens financiers t’ont toujours frustré, bien que le manque d’argent soit principalement de ta faute, mais tu ne l’avoues pas totalement. Tu as un peu honte de ton mode de vie, c’est vrai. Ta mère aurait honte. Tu te renfrognes légèrement à sa pensée, c’est pas de ta faute, t’as toujours été faible en sa présence, à sa simple évocation.

Tu t’assois, tu l’écoutes, Yoko te propose de partager le prix des pizzas. Tu la regardes, tu souris, tu tentes de marchander, sans avoir l’air d’un gros charo qui aimerait garder son porte-monnaie à peu près rempli.

« La fin de moi est compliquée de mon côté. Je peux payer la moitié d’une pizza, au pire, si ça t'dérange pas. »

Tu la regardes, tu ne veux pas inspirer de pitié, mais tu aimerais vraiment qu’elle paye ces foutues pizzas. Puis commence l’interrogation. Tu t’en doutais, elle semble plutôt curieuse. C’est normal, d’un côté, il faut connaître l’identité de la personne que l’on invite chez soi, non ? Tu ouvres le carton de pizzas, glissant un « On peut partager ». Tes yeux sont de nouveau attirés par les photos qui défilent, toutes différentes, mais reliées par la précarité qui se dessine comme un fil conducteur à travers les différents lieux photographiés.

Ton regard revient sur les pizzas, tu lâches un « Itadakimasu » et tu prends une part de quatre fromages. Entre deux bouchées, tu consens enfin à répondre à sa question.

« J’travaille à la librairie. Et je donne des cours, parfois, des cours particuliers d’anglais, mais c’est mon boulot à la librairie qui prime. Et, comme tu l’as dit, j’livre des pizzas à des gens. C’est pas le plus excitant. Et toi ? T’es photographe ? C’est des jolis clichés que t’as là. »

Tu désignes l’écran d’ordinateur de ta main tenant la part de pizza, et tu reprends une bouchée. Pendant que ta bouche est occupée, ton cerveau a déjà fait quelques connexions, plusieurs hypothèses. ‘Elle est peut-être journaliste. Ou encore étudiante. Ou peut-être que c’est juste un hobby, et qu’elle est dans un autre domaine, complètement différent.’ Tu ne sais pas, alors tu laisses le silence s’installer de ton côté. Tu as posé ta question, tu veux qu’elle se débrouille avec. Mitrailler les gens avec des points d'interrogation n’est pas ton genre, tu préfères que les autres construisent leur réponse sans que tu ne les influences. Du moins, au début. Tu aimes, parfois, les guider vers ce que tu cherches, vers ce qui pique ta curiosité, vers ce qui te plaît, mais, tu préfères les laisser discourir un peu, au premier contact, histoire de les cerner. Noter le choix de leurs mots, leurs mimiques, leurs hésitations.

Tes yeux se plongent dans les siens et un sourire étire tes lèvres. Tu sembles énigmatique, tu es juste nonchalant et anormalement doux. Calme. Elle a de la chance.
[/color]
Coriolis Y. Miura
membre artiste & caissière dans un konbini
Coriolis Y. Miura
membre artiste & caissière dans un konbini
alcool et pizza (pv. ashton) TCO
Âge : ?
Genre : F
Messages : 25
Posts RP : 12
Jeu 12 Mar 2020 - 9:24

alcool et pizza

ashton & yoko


yoko hausse un sourcil amusé. elle aurait pu l’aider ? mais qu’est-ce qu’il a à râler celui-là ? elle pourrait mal le prendre et se vexer, mais il n’en est rien. elle sent qu’il est moqueur et ça lui plaît. elle décide donc de rentrer dans son jeu.

oh pardon monsieur ! je pensais que vous seriez capable seul de porter une chaise en plastique d’étudiante. j’ai dû me tromper, mes excuses. je vous aiderai à la ramener à sa place dans ce cas.

elle lui tire une révérence théâtrale, comme pour amplifier sa moquerie. elle trouve qu’il exagère, ce qui lui fait soit penser que c’est un petit con prétentieux, soit qu’il ironise beaucoup. yoko préfère choisir la deuxième option. de toute façon, elle était en train de ranger sa chambre le temps qu’il ramène la chaise, elle ne flânait donc pas.

elle fronce cependant les sourcils lorsqu’il annonce qu’il ne souhaite pas payer la pizza en entier. ça n’arrange pas la brune. elle aussi a du mal à joindre les deux bouts parfois, et elle n’avait absolument pas prévue de se retrouver avec deux pizzas sur le dos.

hmm… ça m’embête. je les ai pas commandé ces pizzas moi tu sais.

elle réfléchit un peu, puis finit par lâcher un soupire.

bon, ok, j’paye les ¾ du prix. mais sache que je considère ça comme une dette de ta part envers moi.

si la soirée se passe bien et qu’ashton se révèle être sympathique, elle lui demandera de lui payer une bière un de ces quatre.
le garçon est libraire. c’est original et plutôt classe, ça lui plaît. en plus de ça, il est aussi prof d’anglais et livreur de pizza. et bah ! il ne chôme pas. elle ne peut s’empêcher de lâcher un regard admiratif.

wow ! et t’arrive à faire tout ça ? c’est impressionnant. ça doit être épuisant certain jour non ?

il lui retourne la question, évoquant la photographie. yoko a bien vu son regard jongler entre elle et les photos qui défile sur l’écran de son ordinateur. elle sourit. il est curieux. tant mieux. yoko se serait bien ennuyée sinon. elle affiche un sourire puis semble réfléchir.

merci ! il faut encore que j’en traite pas mal et que je regarde celles que je garde, n’étant pas convaincue par toutes. et non, je ne suis pas photographe.

elle brûle de l’être. mais pour l’instant, la seule personne que l’on pourrait vraiment qualifier de photographe, c’est coriolis. pas yoko.

je bosse dans un konbini. je t’accorde que ce n’est pas le métier le plus épanouissant du monde, mais bon. je m’en contente pour l’instant. et puis, j’ai besoin d’argent !

elle rit. au fond d’elle, la situation lui va très bien. c’est un job simple, sans prise de tête et qui lui donne assez d’argent pour vivre. alors oui, de temps en temps c’est un peu la galère, mais c’est la vie que yoko a décidé de mener. elle n’a de toute façon pas le courage de s’engager dans un boulot qui lui demande plus de temps et d’implications. ce n’est pas son but, pas son rêve.
alors pour l’instant, au grand dam de ses parents, elle reste caissière.

elles sont pas mal, ces pizzas. je noterai l’adresse, ça pourrait servir un jour… dommage que ce soit si cher...

elle n’est qu’à moitié fausse. les pizzas ne sont réellement pas mauvaises et yoko pourrait presque reconnaître que c’est une bonne surprise, à une heure si tardive. mais yoko est d’humeur taquine. sous chaque compliment se cache une réflexion.

mais sinon, m'sieur ashton, outre tes trois boulots qui doivent déjà bien te remplir la vie… c’est quoi ton truc ? non pas que ton boulot de livreur de pizza ne m’intéresse pas, parce que tu dois probablement rencontrer plein de truc improbables, mais bon. t’as des passions ? un truc qui fait vibrer ton coeur ?

yoko parle et mange. deux des choses qu’elle fait le mieux. de ses yeux pétillants, elle observe le charmant jeune homme. elle ne sait pas vraiment vers où la soirée se dirige, mais elle s’en fou. c’est bien plus amusant ainsi.

@nébuleuse
Ashton Miller
membre professeur particulier d'anglais - libraire & livreur
Ashton Miller
membre professeur particulier d'anglais - libraire & livreur
asshole
Âge : 23 ans
Genre : Masculin
Messages : 45
Posts RP : 28

Fiche de personnage
Citation/Boîte à RP:
Dim 29 Mar 2020 - 0:43
‘Quelle quiche.’ Tu la regardes avec un sourire de gratitude, elle accepte de payer trois quarts du prix, mais te prévient qu’il te faudra la rembourser, un de ces jours. Tu rigoles, tu acquiesces, un « oui oui » léger qui ne laisse rien présumer de ta décision à ne pas lui repayer cette moitié de pizza.

La conversation se déroule tranquillement, elle se retrouve admirative devant l’étalage de tes talents. Elle ne devrait pas te montrer cette expression impressionnée, tu n’as rien d’admirable, Ashton, tu cumules juste les jobs par manque de responsabilité et de continuité dans ta vie, à la fois professionnelle et personnelle.

« Je m’arrange toujours pour ne pas me retrouver à enchaîner les trois boulots à la suite, donc ça va la plupart du temps. »

Tu fais le modeste, le courageux. Est-ce que c’est pour mieux faire la victime après ? Tu aimes te plaindre, Ashton, et qu’on te plaigne. Pas qu’on te prenne en pitié, ça, on en a déjà discuté, mais qu’on se dise que tu as une vie quand même difficile, que ça n’est pas juste qu’un bon gars comme toi se retrouve dans cette situation-là. Un « bon gars », ça te fait souvent rire, mais tu as cette façade et tu ne montres pas ton amusement devant l’empathie des gens. Ils te font bien marrer, à compatir, alors qu’ils devraient mieux te cracher dessus pour tes vices et ton comportement inexcusable.

Elle te raconte ensuite sa vie. Pas très palpitante, mais tu ne t’en soucies pas, car elle est contrebalancée par la fille en elle-même, qui est bien plus intéressante que ce qu’elle blablate. Tu lui trouves un charme singulier, une lueur qui éclaire son regard vif, des gestes plein de vigueur qui font deviner une âme forte et passionnée, derrière une façade de gamine de treize ans. La réflexion te suit, jusqu’à ce que la jeune fille finisse de parler et de te poser des questions.

« On t’a déjà dit que tu faisais très jeune ? T’as quel âge ? »

Ce n’est presque pas une provocation. Tu as ce sourire taquin sur les lèvres, presque sincère. Tu t’amuses avec elle, pas autant et d’une manière différente qu’avec les gens que tu victimises, mais… elle reste une belle source de divertissement, tu dois l’avouer.

« Sinon, pour répondre à tes questions, je suis un homme ennuyeux, Yoko. Et j’aime garder mes secrets. Mais je peux te dire que mon cœur vibre en compagnie des autres, des gens que je rencontre, des personnes avec qui je discute. Qui sait, peut-être qu’un jour, toi aussi, tu pourras faire vibrer mon cœur… ? »

Oh le fourbe. Elle va croire que tu flirtes, Ashton. Mais, dans ton langage, tu es clairement en train de lui dire qu’elle est une potentielle victime, que tu envisages de piétiner son ego, trahir sa confiance, lui cracher au visage et rire de son malheur. Un sourire agréable se dessine sur ton visage d’ange, tu reprends une part de pizza, et avant d’en enfourner un bon quart dans ta bouche, tu lui retournes la question.

« Et toi ? Est-ce que c’est la photographie qui te passionne, ou est-ce qu’il y a autre chose ? »

C’est drôle, aussi égoïste et égocentrique que tu puisses être, tu ne parles pas de toi aussi souvent que ça. Tu n’aimes pas te dévoiler, parce qu’une fois que les gens en apprennent un peu trop sur toi, ils ne peuvent plus s’arrêter. Ils veulent continuer de creuser, comme des rats, dans ton histoire, ton passé, tes habitudes et tes envies. Et ce n’est pas quelque chose que tu aimes partager. Alors tu te retrouves toujours à orienter la conversation vers les autres, c’est plus pratique, tu te contentes d’écouter et de prendre des notes mentales. Pour toi, c’est moins fatiguant d’écouter les autres piailler, plutôt que de devoir choisir tes mots avec prudence pour ne pas te trahir.
C’est bien plus simple lorsque tu n’as pas à feindre quoi que ce soit. Être toi-même et détester les autres jusqu’à les adorer, leur dire tout ce que tu penses d’eux et tenter de les briser. Tu te prends pour un titan, Ashton, mais au final, tu n’es qu’un misérable insecte, il ne faudrait pas que tu l'oublies.