薄明

Des brumes de Kobe au soleil éclatant de Sanda, des policiers et yakuzas sont assassinés dans la plus sordide des mises en scène, avec un même symbole tatoué sur la langue. Parmi les touristes survoltés et les citadins forgeant leur vie dans les vicissitudes et les joies, au creux d’une foule compacte d’ingénus excentriques, d’individus candides, de salarymen scrupuleux et d’étudiants pleins de rêves et d'ardeurs, la mafia japonaise semble se scinder en deux.

Kobe, capitale de l’Excellence, voit peu à peu émerger une organisation criminelle plus opulente et déterminée qu’à l’accoutumée. La mafia japonaise, qui jusque là avait son siège au cœur d’Inazami, se voit débordée par un groupe rival, brutal et déchaîné. Un noyau constitué de criminels révoltés contre le code d’honneur des yakuzas, œuvrant à Sanda, et résolus à asseoir leur emprise sur Kobe.

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hakumei
à l'aube de votre destinée

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20 juillet 2019A l’issu de la dernière MàJ, Amai Gakuen devient Hakumei. Bienvenue sur cette V2 toute neuve, proposant tout un panel de nouveautés qui, nous l’espérons, saura susciter en vous l’inspiration pour des Rps toujours plus déjantés : www

30 juin 2019Un nouveau RP libre a été posté par votre PNJ Alphonse Murphy. Au programme : festivités au district Fujin à l’occasion du Festival du Tanabata, célébrant les étoiles et l’amour. N’hésitez pas à y jeter un œil, et pourquoi pas, à venir y participer : www




 
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dessins d'encre || karen
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Ashton Miller
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Ven 10 Avr 2020 - 19:08
Les mains dans les poches, le pas modéré et l’attitude nonchalante, tu es redevenu toi-même. Ces mois de captivité dans ton appartement, esclave de ta condition, de ta douleur, et des bonnes recommandations des médecins, sont désormais derrière toi. Bien sûr, tu exagères, tu as fait quelques promenades, sorti la tête hors de ton trou pourri et usé de ta condition pour obtenir la sympathie de plus d’un habitant de Kobe. Mais tu te sens enfin libre de pouvoir marcher comme bon te semble, où tu le souhaites, sans avoir à faire attention à ta cheville, sans avoir à subir le poids du plâtre sur ta main, pouvant à nouveau soupirer d’exaspération ! Un bonheur.

Tu te dis que c’est un bon jour pour découvrir un petit bout de ville. Tu te dis, « pourquoi pas Sanda ? » malgré les mauvais souvenirs que cette ville réveille en toi. Mais il n’y a qu’un quartier à éviter, et tu ne veux pas te priver d’une ville sous prétexte qu’un groupe de dangereux individus rôde dans certaines de ses rues. Tu choisis cependant le quartier le plus sûr : tu viens juste de récupérer ton corps, hors de question de le retrouver en miettes à nouveau.

Tu te retrouves donc à Aichi. Tu y es déjà passé une ou deux fois, sans vraiment y rester pour l’explorer. C’est pourtant un beau district, digne de l’attention de chacun. L’atmosphère qui y flotte te rappelle Uzume, mais c’est encore différent : chaque endroit a son ambiance, aussi similaire qu’elle puisse être avec une autre du même type. Tu déambules dans les rues animées, et emplies d’une foule souriante et bruyante, vivant la vie et se riant de tout. Tu te détends, ils déteignent un peu sur toi.

Tes pieds, chaussés par tes Dr. Martens noires, foulent le trottoir tandis que ton regard se promène sur la foule, ton sweat à capuche vert gardant ton corps bien au chaud, par-dessus un t-shirt simple. Les mains toujours fourrées dans les poches de ton jean large, tu n’as pas fière allure, mais personne n’en attendait vraiment de toi. Tu t’arrêtes à un petit café, payant pour thé au lait que tu savoures lentement, assis près de la vitre. Tu en profites pour observer les gens. Il y a de tout : des lycéens en bande qui rient et chahutent joyeusement, des couples plus discrets mais « à vomir » selon tes mots, des employés sortant du travail et venant faire un tour pour se détendre et boire un verre entre collègues, des touristes, aussi, émerveillés devant les merveilles que le district a à leur offrir.

Ta boisson finie, tu reprends ta promenade, rythmée par les exclamations enjouées et les débuts de dispute qui longent ton chemin sans qu’ils ne puissent t’arrêter dans ta progression. Et puis, soudain, quelque chose attire ton regard. Une devanture sobre, matte, contrastant avec les vitrines plus colorées. Ça pique ta curiosité. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de fioritures que c’en est moins attirant. Tu traverses la rue pour te rendre sur le trottoir d’en face, te plantant devant la vitrine du magasin. Des tatoueurs. Ta découverte te tire un sourire, c’est que tu te prends pour un fin connaisseur en la matière, hein ? Mais ce n’est pas parce que tu as d’innombrables tatouages sur le corps que tu en connais quelque chose. Tu ne sais rien, Ashton, il te faudrait l’admettre, à ce stade de ta vie.

Tu jettes un coup d’œil à travers la vitre, et entre deux reflets, tu aperçois des œuvres accrochées sur les murs. Tu es intrigué. Ce n’est pas courant d’ouvrir un salon de tatouage au Japon, alors tu te demandes ce qui a motivé quelqu’un à implanter ce genre de commerce au milieu d’un quartier prospère. Est-ce que ça fonctionne bien ? Y-a-t-il des clients ? Sans doute des étrangers, pour la plupart. Un sourire ironique plane sur tes lèvres. Les personnes qui tiennent ce shop n’ont pas peur du regard de la société. Inconsciemment, tu frottes ton bras gauche par-dessus ton sweat, et tu tentes de remonter ton col, mais il remonte mollement sur le bas de ton cou, ne cachant pas la flamme bleue qui lèche le tissu, laissant deviner la suite de ton tatouage, passant sur ta clavicule. Tu as subi le regard des autres, depuis toujours, et le Japon n’y a rien changé. Tu te dis fort, tu te dis indifférent à leurs yeux perçants et réprobateurs, mais au fond, toi non plus, tu n’as pas vraiment changé. Alors tu te couvres presque à chaque fois que tu sors, autant que la météo te le permette. Tu te soumets aux autres, comme tu l’as toujours fait, malgré tous tes efforts pour y échapper.
Karen Ohno
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Karen Ohno
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Sam 11 Avr 2020 - 16:53
Le bruit incessant et hypnotique du dermographe raisonnait dans le shop. Tel un bourdon, il était constant, et ses variations d'ondes semblaient presque imperceptibles. Elle ne tremblait pas, retenait parfois sa respiration pendant quelques secondes pour que les traits soient le plus net possible. Après tout, elle était entrain de marquer une personne à vie. Lorsque les aiguilles ne piquaient pas la chaire charnue du mollet de son client, elle passait délicatement son papier absorbant afin de retirer l'excédant d'encre noire qui coulait le long de la plaie ouverte. A l'aide de son index et de son pouce gauche, elle tendait doucement la peau, juste après avoir trempé à nouveaux son lot de dards dans son pigment aux couleurs d'obsidienne. Et le danse reprenait son rythme soutenu et pimenté le temps d'achever les derniers contours de son tracé.

Karen échangeait quelques mots et anecdotes quelques peu juteuses lors de ses sessions. Parfois elle avait droit à des histoires complètement farfelues et tirées par les cheveux. Parfois des casseroles tellement humiliantes qu'elle dû s'arrêter de piquer durant quelques instant pour rire un bon coup. Aujourd'hui, elle n'avait pas eu beaucoup de choses intéressantes à entendre. Le jeune homme allongé à plat ventre sur sa table était plutôt silencieux et calme. Il semblait apprécier la musique qui animait le cabinet. Il semblerait même que sa tolérance à la douleur était assez haute, il avait tous les éléments d'un client presque parfait : il ne bougeait quasiment pas d'un poil.

- J'vais attaquer le remplissage. Tu peux te redresser et jeter un coup d’œil à ton mollet si tu veux. Le stencil est un peu effacé, mais ça ne gênera en rien mon travail… Je peux le repasser aux endroits manquants si tu flippes.

Il relevait la tête, le regard las. Il avait l'air d'être sur le point de s'assoupir. Karen souriait légèrement à travers son masques de protection. Ce dernier n'était pas foncièrement obligatoire, mais elle avait toujours procédé de cette manière. Son formateur faisait toujours ainsi, elle avait apprit le domaine de cette manière, et continuera encore à porter le masque durant ses séances.
Tandis qu'il essayait de relever sa jambe endolorie, il se tordait légèrement sur le côté afin de mirer l’œuvre qui se dessinait sur sa chaire. Il était japonais, plutôt jeune, pas plus de trente ans, c'est certain. Il avait une barbe de trois jours et les cheveux mi-long, l'air impassible et placide. Il souriait à pleine dent, l'air satisfait. Et sa voix raisonnait enfin, passant par dessus la musique ambiante.

C'est ni-quel. Le rendu va être tellement terrible ! Et non, t'inquiète. J'te fais confiance. Tu peux taper dedans, j'ai hâte de voir le résultat final.

Karen souriait. Elle, heureuse de savoir que son travail plaisait. Ses yeux noisettes souriaient aussi.

Le temps de changer de machine, elle échangea un peu avec le jeune homme. Puis se remis à travailler avec vigueur. Il ne lui fallait qu'une heure et demie pour le remplissage. Elle cru entendre un soupire de soulagement lorsqu'elle annonçait que son acharnement prenait fin. Elle échappa un rire alors qu'elle préparait le matériel pour nettoyer le tatouage tout frais. Elle le savait. Elle connaissait la sensation libératrice du liquide frais coulant sur la peau en feu.
Rapidement, elle passa de la crème sur le mollet. Il semblait sous le charme. Elle lui laissa le temps nécessaire pour admirer son papillon de nuit stylisé, tout droit sorti de ses pires cauchemars dans un style frôlant le traditionnel. Elle pu ranger et nettoyer son matériel avant de couvrir le tatouage et de recevoir le paiement, tout en lui expliquant les démarches à suivre.

Au final, sa journée n'était pas si rempli qu'elle ne le pensait. Un mollet entier lui aura pris une  matinée, tandis que son début d'après midi comportait seulement une petite retouche sur une cicatrisation quasiment parfaite d'un flash effectué il y a quelques mois de cela.

Et puis, le restant de la journée lui parue affreusement longue. Elle changea plusieurs fois les titres qui raisonnait dans le cabinet. Nettoyait plusieurs fois sa station de piquage. Passait en revue ses prochains rendez-vous. Répondait à quelques mails et demandes de nouveaux projets. Elle avait eu le temps de mettre en ligne son nouveau tattoo et de récolter des likes, avant de se permettre une pause dans l'avant boutique. Elle dénoua son chignon flou et ébouriffa sa crinière pour la laisser cascader le long de son dos. Elle enfilait sa longue veste en laine beaucoup trop large pour elle. Le maillage noir dégueulait sur elle, cachant ses fines épaules et longes bras tatoués. Aujourd'hui, une t-shirt fin, un peu large au col V habillait son corps. Si on y prêtait un peu plus attention, on pouvait y apercevoir le début d'un encrage au creux de son décolleté. Son jean légèrement troué aux genoux pouvait lui aussi laisser deviner quelques motifs néo traditionnels, tous teintés de noirs et de gris.

Son mug de café à la main, elle errait dans l'avant boutique en observant les nombreux prints sur ses murs. Elle souriait et marquait de son rouge à lèvre bordeaux le tour de sa tasse. Alors qu'elle allait se poser dans l'un des petits canapés mis à disposition, elle remarqua une silhouette devant la vitrine. Une tête blonde semblait être curieuse, observant comme elle le pouvait l'intérieur de la boutique. Karen ne semblait pas si surprise que cela. Il faut dire qu'elle avait eu le temps de s'habituer aux regards indiscrets, et aux paroles pleines de questions. Vu la couleur de la tignasse, l'inconnu avait l'air d'être un touriste ou bien une personne issue de la population nippone en quête d'expérience capillaire. Cherchant d'une main libre son portable et son paquet de cigarette qu'elle s'empressa de fourrer dans l'une des poches trop large de sa veste, elle sortit sa tête de son cabinet, un large sourire aux lèvres.

Hey ! T'es là pour prendre un rendez-vous ? -  lança-t-elle, d'une voix presque enjouée. Malgré son air complètement détaché, voire même robuste, Karen demeure une personne relativement sociale. Elle ouvrit entièrement la porte, et se posta devant celle-ci, faisant face au blondinet, comme pour l'inviter à entrer dans sa taverne.
Ashton Miller
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Mar 14 Avr 2020 - 16:36
Tu la vois arriver et pourtant, tu sursautes presque alors qu’elle passe sa tête par la porte et t’adresse la parole. De l’enjouement dans sa voix, et une lumière qui éblouit, si tu n’étais pas déjà aveugle à toute la beauté que le monde a à t’offrir. Tu la regardes, tu la détailles, elle est belle, c’est indéniable. Un charme qui en ferait tomber plus d’un. ’Ca doit être à cause de ces cheveux roux. Tout le monde aime les rouquins.’ Pensées insensées mais qui se révèlent être en partie vraies, tu lui souris gentiment. C’est rare, mais tu apprécies l’univers qui l’entoure, l’aura qui la couvre et l’enveloppe, aussi claire que sa veste est sombre. Ton regard la suit, neutre mais avec une pointe de chaleur agrémentant sa couleur ambrée, te donnant un air tout à fait sympathique et passe-partout.

« Salut ! Pas vraiment, non, je passais juste par là et la boutique a attiré mon regard. On dirait des trucs plutôt chouettes, à l’intérieur. J’peux entrer ? »

Question rhétorique, tu vois par son attitude qu’elle t’invite à t’engouffrer dans son cabinet. Et tu remarques également qu’elle n’est pas en tenue de travail, ce qui veut dire qu’elle a fini sa journée. Ou qu’elle prend juste une pause. La cascade enflammée de ses cheveux capte les rayons dorés du Soleil qui entame sa longue descente. Tu te demandes si c’est la patronne, ou si elle est employée ici en tant que tatoueuse.

« Il n’y a pas grand monde à cette heure-ci ? »

Tu passes devant elle, puis tu franchis le pas de la porte. Tout de suite, le contraste de la décoration intérieure avec l’aspect extérieur du bâtiment te saute aux yeux. Blanc. Tout est lumineux, et la boutique qui a l’air minuscule depuis la rue te semble maintenant s’étendre, prendre de la profondeur, s’élargir pour s’offrir à ton regard curieux. Tu fais quelques pas, nonchalant, comme à ton habitude, puis tu regardes derrière toi pour faire la causette à la demoiselle.

« J’suis déjà venu dans le coin plusieurs fois, mais j’avais jamais prêté attention à ce salon de tatouages. Il vient d’ouvrir ? Ah, t’es peut-être qu’une employée, je sais pas si tu sais tout ça. »

Il y a mille façons de dire quelque chose, et tu choisis toujours la pire, c’est récurrent chez toi, et tu adores ça. Dire sans ne pas dire, minimiser les gens, leur position, leur boulot, leur être, les rabaisser avec une délicatesse feinte et tenter de les remettre à leur juste place : en dessous de toi.

Tout en écoutant, tu te détournes et te diriges vers les œuvres exposés sur le mur de l’autre côté de l’entrée. C’est fin, il y a de l’âme. Tu peux sentir qu’il y a eu de la recherche, de la minutie. Des heures de réflexion, des retouches, pour aboutir à la meilleure version possible. Tu n’es pas familier avec le processus de création, mais tu sais reconnaître l’art, et l’apprécier, quand tu en vois. Tu fais un geste vaste, désignant les dessins dans leur ensemble.

« T’as fait un des ces trucs-là ? »

Tu es clairement inexpérimenté en la matière. Tout ce que tu sais, c'est que se faire tatouer, ça fait mal. Au premier, tu t'es dit, « à ne pas refaire, ça nique trop ». Mais tu n'as pas résisté à te couvrir la peau d'encre, à te faire du mal et à aimer ça. A voir les formes apparaître, se détailler, et finalement, se colorer. Un sourire naît sur ton visage. 'Putain, ça me rappelle mon adolescence.'
Karen Ohno
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Jeu 16 Avr 2020 - 17:22
Elle s'efforçait de placer ses lèvres sur la première trace de son rouge à lèvre, afin d'éviter un maximum un contour piégé de teinture grasse légèrement parfumée. Et pourtant, en observant l'inconnu qui semblait avoir sursauté, elle manqua sa cible et tâcha à nouveau sa tasse. Finalement, c'était bel et bien un étranger. Ses traits semblaient occidentaux, et son regard ambré n'a rien de Japonais. Sa tignasse, quant à elle, n'avait en aucun cas l'air d'être décolorée, mais belle et bien naturelle avec ses légères ondulations. Karen souriait à nouveau tandis qu'elle se séparait de sa tasse quelques instant. Elle s'appuyait légèrement contre l'embrasure de la porte, laissant toujours le champs libre.

« Ouais, on essaye de faire des choses plutôt cool quand même. » Elle souriait de plus belle, le regard claire lorsqu'il demandait s'il pouvait s'engouffrer dans son antre. « Bien sûr ! J't'en pris. »

Sa main libre s'enfonçait dans la poche de sa veste, juste pour s'assurer, comme pour une mauvaise habitude, si son portable et son paquet de cancerette étaient toujours sagement lovés en son creux. En l'observant d’avantage de ses yeux noisettes, Karen semblait même le scanner. Elle détaillait son visage aux allures sympathiques. Sa chevelure blonde qui chatouillait lascivement sa nuque et… Oh bah tiens. Une flemme bleuâtre semblait léchait sa chaire, à peine perdue sous le col vert de son sweater. Un mince sourire se dessinait sur ses lèvres alors qu'elle terminait son café.

« On va dire qu'aujourd'hui il n'y a pas eu foule, oui. »

Il décidait enfin de s'aventurer dans son temple. Fermant consciencieusement la porte, Karen prenait également la peine de baisser légèrement le volume de ses hauts-parleurs, en dépit d'un titre qu'elle appréciait énormément. C'était suffisamment audible pour discerner le groupe et même le titre, si on tendait un peu plus l'oreille pour reconnaître la mélodie et même les paroles. Ce n'était pas un groupe Japonais, et il faut bien dire que Karen a toujours eu un gros coup de cœur pour les groupes occidentaux, bien plus brutaux et expressifs. A leurs manières.

Du coin de l’œil, elle regardait la silhouette du blondinet. Elle déposait le contenu de ses poches et son mug sur son petit comptoir. Elle l'écoutait calmement, les bras croisés sur le bois brossé et noircit, et replaçait distraitement ses cartes de visites. Un rire semblait s'étouffer dans le fond de sa gorge. Encore une personne qui devait certainement traverser la rue commerçante sans s'attarder sur les vitrines, le nez sur smartphone ou le trottoir. Elle ne relèvera pas ce qui semblait être une remarque. Cela lui passait largement au dessus de son mètre soixante dix.

« Haha, non. Ça va quand même faire trois bonnes années que je suis propriétaire de ce shop. »

Il l'intriguait, ce mec. Il semblait débarquer, sympathique, inoffensif avec ses prunelles couleurs miel. Voire même paumé, en un sens. Elle espérait qu'il anime un peu le restant de son après-midi, avec des questions intéressantes, potasser sur le tatouage ou autres sujets dans le mêmes genre, et pourquoi pas même finir par parler d'un éventuel projet à piquer. Mais une question lui brûlait les lèvres, et celle-ci attendra encore quelques instants avant de les franchir. Dans sa démarche nonchalante et dans sa réflexion silencieuse, il semblait préparer une vague. Vous savez, celles qui font pleins de bruit et qui ravage tout sous leur passage.

Ouais, il semblait être ce genre de gars, derrière son minois quelque peu charmeur.

« J'en ai fait quelques uns, oui. Notamment celui-là, là. »

Karen se détachait de son comptoir pour s'avancer et arriver au niveau du nouveau client. Elle tendait son bras fin vers certains dessins encadrés et s'attardait sur un plus grand, plus imposant. Un format prenant quasiment la hauteur sous plafond du cabinet. Le feuille blanche, légèrement glacée, étaient en grande partie noircie. Une œuvre reflétant le style et les techniques les plus employés par la jeune tatoueuse.

L’œuvre en elle-même pouvait certainement ne pas avoir de sens, a proprement parler. Cela ressemblait à une tête de démon, aux traits épais et sombres. Deux visages ? Peut-être, l'effet faisait son trouble, et les trois yeux étaient presque trop expressifs. En y prêtant plus d'attention, ce dit-démon possédait des affinités avec notre ami le félin, croisé avec la chauve-souris, engloutie par des ronces ou autres tentacules. Mine de rien, dans toute cette obscurité, on pouvait y ressentir une certaine finesse, de la féminité. Une légèreté dans les parties presque minérales du motif. La peau de la créature était similaire à de l'écorce sèche, et les tentacules aériennes. Elle était signée, discrètement. Fairy_Dust, ironiquement.

« L'un de mes premiers gros projets. Et certainement un de mes préférés ! »

Elle se tournait vers lui, abordant toujours ce même sourire. Elle croisait doucement les bras, après avoir remonté ses manches. Mais pour le coup, elle ne voulait pas trop parler de sa petite personne. Après-tout, son cabinet était une partie de son être, de son intimité et de sa personnalité. Le sourire naissant sur la trogne de l'étranger piqua sa curiosité. On aurait dit un vieux empli de réminiscence de jeunesse. Presque amusée, elle osait l'interrompre.

« Dis moi, quand est-ce qu tu t'es fait tatouer la première fois ? Ce bleu, là, il est encore vachement beau ! J'parie que ça prend tout ton bras. »

Son sourire devint mutin. Elle espérait avoir raison, et qu'il cède son sweat vert pour dévoiler l'encrage qui parcourait son échine pâle. Elle voulait découvrir l'art sur son être et détailler le travail de l'artiste. S'émerveiller devant les techniques et admirer les couleurs encore pétillantes. Elle glissait sa fine main dans sa chevelure rouge, comme un signe d'impatience.

« Ah, oui. Tu peux m'appeler Karen. Et toi, c'est quoi ton p'tit nom ? Tu n'as pas l'air d'être ici, de toute évidence. »

Puis elle tournait les talons vers l'arrière de son comptoir, en agrippant au passage sa tasse vide. Elle trifouillait et faisait tinter le bruit de petites cuillères, et le vrombissement de la machine à café passait presque au dessus de la musique.

« Tu veux un café, peut-être ? »

Et peut-être que le temps ne lui paraîtra pas aussi long qu'elle ne le pensait.
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Sam 25 Avr 2020 - 19:51
‘Ah, c’est la proprio.’ Tu te demandes quel âge elle a, pour avoir eu du succès dans sa vie. Ouvrir sa boutique, et la faire tourner pendant déjà trois ans. Tu retiens un soupir d’auto-pitié. A côté, c’est vrai, tu es pathétique. Cumulant des petits jobs et à deux doigts de te faire virer, c’est qu’elle est belle, ta vie !

Ton regard suit son geste, et tu te retrouves à admirer son chef-d’œuvre. Un petit « C’est vraiment toi qui as fait ça ? » t’échappe, parce que t’es quand même un connard, faut pas l’oublier, mais tu es réellement impressionné. Ça en jette. Tu examines le dessin, tu t’interroges sur la nature de la créature qui y est représentée, et sur le chemin artistique et mental pour arriver jusqu’à ce résultat. Ton regard finit par quitter l’œuvre encadrée pour se poser sur la frêle demoiselle qui se tient à tes côtés. Frêle, mais plutôt solide, dans sa façon de se tenir et de te regarder. Elle ne détourne pas les yeux, même lorsque les tiens s’y ancrent avec une certaine provocation. Tu aurais aimé avoir un peu plus d’explications, connaître l’histoire derrière ce dessin, mais elle repart sur autre chose. Tu remarques, au passage, ses bras encrés, fins dans la veste qu’elle porte. Ça ne t’étonne pas, et je ne vois pas pourquoi ça l’aurait fait. La plupart des tatoueurs sont eux aussi marqués par l’art qu’ils pratiquent. Enfin bref, tu réponds à sa question, souriant.

« La première fois ? J’étais même pas encore au Japon, c’était juste avant que je me décide à partir. Ça fait… »

Tu comptes sur tes doigts.

« Un, deux, trois, quatre, cinq, six… ça fait six ans environ depuis mon premier tatouage. »

Tu lui souris. Tu es lumineux. Ce sont des souvenirs dont la réminiscence ne te dérange pas. Tu remets tes mains dans la poche de ton sweat à capuche. Tu n’as pas répondu à sa remarque, tu te rends compte qu’elle veut voir tes fameux tatouages. Et tu préfères la faire languir, c’est plus drôle comme ça. Tu la laisses se présenter, souriant à sa remarque. ’Pas d’ici ? J’suis de nulle part.’

« Moi c’est Ashton. J’vis au Japon depuis quelques années, mais effectivement, j’le considère pas vraiment comme mon pays. Il me faudra plus de temps pour me sentir vraiment comme chez moi, j’suppose. Et ouais, j’veux bien un café, s’il te plaît. »

Ce que tu ne veux pas avouer, c’est que c’est ta mère qui te manque. Que c’est elle, ta maison, que tant qu’elle n’est pas là, n’importe quel accueillant et chaleureux domicile te paraîtra vide et sans vie. Tu regardes autour de toi, tu vois les canapés. Ne résistant pas à leur appel, tu t’y assois et tu te reposes sur le dossier. Ton regard repart sur la jeune femme, qui revient avec les cafés. Tu rigoles.

« C’est offert par la maison, j’espère ? »

En réalité, tu ne plaisantes pas. Tu es un amateur de café, mais tu préfères le thé, alors si tu as à payer pour une tasse de bean water, tu n’en veux pas. Même si ça sent bon. Allez quoi, Ashton, pourquoi t’es rabat-joie comme ça ? Sans attendre qu’elle te réponde, tu retires ton sweat, ébouriffant tes cheveux déjà indisciplinés.

« Si tu me dis que c’est payant, je te propose un marché : j’te montre mes tatouages et tu m’offres le café. »

Ton t-shirt est à moitié parti avec ton sweat, mais la température ambiante du salon de tatouage t’empêche de frissonner, et tu réajustes ton t-shirt noir pour recouvrir ton ventre plat mais aux muscles invisibles. Tu refreines ton malaise, tu n’aimes pas ta minceur, ta maigreur, mais tu ravales tout ça, comme un grand garçon, et tu préfères plaisanter.

« J’vais garder mon t-shirt, je voudrais pas t’faire trop plaisir. »

Le ton de ta voix est sarcastique. Tu ne te vantes pas ici, tu n’as pas de quoi le faire. Tu tends ton bras vers elle, pour lui montrer tes tatouages. En même temps, tu tires le col large de ton t-shirt pour lui faire admirer rapidement la flamme, embrasant un crâne, qui lèche la base de ton cou pour mourir sur le bord externe de ta clavicule gauche.

« J’ai une autre flamme derrière l’épaule. »


Plus bas, entre le biceps et le triceps, un Soleil englobant un M, un « family » prenant place à sa base. En dessous du coude, un œil ouvert accompagné d’un autre fermé, entourés des mêmes flammes bleues précédentes. Ils précèdent des barbelés qui serpentent sur le reste de ton avant-bras, rejoignant un « Mannock » inscrit en lettres majuscules. La série de tatouages se termine par le même type de flamme bleue, sur le dos de ta main. Tu fais un clin d’œil à la demoiselle.

« Tu aimes ? J’sais pas si le tatoueur était aussi doué que toi, mais j’aime bien le résultat. Tu me feras voir les tiens, aussi ? »

Autant être curieux jusqu’au bout, hein ?

j'ai modifié un peu son tatouage, que l'on me pardonne :
 
Karen Ohno
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Sam 9 Mai 2020 - 17:44
En y repensant, elle en avait passé des heures courbée sur son bureau. Cette énorme pièce, elle l'avait longtemps détesté. Il lui semblait même avoir recommencé deux fois ce gros bestiau, tant elle n'était pas convaincue de sa création. Elle en avait fait, des erreurs durant sa conception. Mauvaises proportions, trop de détails, trop d'espaces blancs. Parfois même, trop de noir et de lourdeur dans les traits. Pour une fois, elle avait même pensé à arrêter et brûler ce projet d'envergure.

C'est seulement après deux mois de pause complète sur ce dessin, que Karen eu une certaine illumination. Cette création serait presque le reflet de sa créativité, lorsque toutes ces cellules novatrices sont en ébullition totale. Lorsque son sang bouillonne, tout autant que le dermographe perce et grave la chaire à vif. La passion dévorante. Certaines peurs enfouies, celle de la perte de créativité. La peur du vide, d'où cette opulence de noir et de contraste, tant dans les jeux de textures que dans le remplissage ombragé. Ce démon à deux faces, tout droit sorti du monde fantasque Lovecraftien, est la représentation de l'art de Karen. Et au final, ce monstre d'encre, là, fièrement accroché sur l'un des murs de son shop, est sans doute son favori.

La petite remarque du blondin l'arracha de ses pensées. Elle en riait presque alors que son regard perdu dans les vagues souvenirs se déposait sur lui, observant son visage face à son œuvre. Et puis, dès que l'occasion s'y prêtait, elle piquait son regard dans le sien, un mince sourire sur ses lippes charnues.

« Oui, oui. J'ai réellement dessiné ça. » Un léger rire.

Il comptait sur ses fins doigts comme un enfant et semblait ressasser de vieux souvenirs. Peut-être même la sensation de brûlure sur l'échine. Un étranger ? Absolument, même s'il semblait vivre dans l'archipel depuis quelques années. Karen tentait autant qu'elle pouvait de glisser un œil sur la flamme bleue qui la narguait, espiègle. Si cet encrage date d'il y a environ six années, la couleur n'en était pas pour autant édulcorée.

« Hum, donc des tatt's exclusivement occidentaux. Ça doit être canon, vue la couleur de la p'tite flamme, là. »

Le café coulait énergiquement dans les deux tasses et elle souriait distraitement. Alors qu'il semblait de nouveau se perdre dans ses pensées, Karen remarqua son sourire. Il semblait même rayonner l'espace d'un instant. Les traits de son visage s'étaient détendus, voire même, soulagés ? Elle aimait les réactions spontanées des humains. Observer leurs visages, capter l'essence de leurs émotions. Mais cette fois-ci, Karen semblait plus réceptive qu'à l’accoutumée. Une sorte d’inconscience du passé entourait Ashton. Elle ne souriait plus, et l'observait silencieusement, le temps que la machine cesse son bruit assourdissant.

Elle agrippait les deux tasses de cafés fumantes. Habillement, elle avait pris au passage une petite cuillère au besoin. Elle déposait les tasses sur la petite table basse, plaçant le couvert proche du récipient comportant sucre et micro-dose de lactose. Son interrogation interpella la jeune tatoueuse. Offert ? Bien évidemment. Mais elle n'eut le temps de rétorquer et le blondinet imposa un deal, ma foi, fort alléchant. Tout en se posant mollement dans le canapé, à côté de lui, bien qu'en respectant une certaine distance de confort et d'intimité, Karen reprit un air plutôt sérieux, même si regard l'a trahissait quelque peu.

« Deal intéressant, mon cher- »

Le sweat tombe. Elle ne s'y attendait pas. Du moins, pas de cette manière dès plus surprenante. Jamais un de ses clients avait osé ôter, dans l'avant boutique, un vêtement afin de dévoiler sa peau finement décorée. Elle retint un rire légèrement nerveux bien qu'intéressé.  Son regard noisette observait rapidement ses mèches blondes en épis. Et puis, ses yeux sautaient de sa frimousse à ses bras. Ils parcouraient aussi vite qu'ils le pouvaient le bras du jeune homme. Inconsciemment, Karen s'était approchée de lui afin de détailler un peu plus le style occidental des tatouages. Elle redressa son fin nez vers lui, un court instant, comme pour demander l'autorisation de prendre possession de son bras.

Mais trop enthousiaste, Karen saisit de ses fines mains l'avant bras du grand blond. On pourrait s'attendre à une force brute, malgré sa corpulence digne d'un sprat, de ses doigts noueux. Mais la tatouée fit preuve d'une grande délicatesse, étirant légèrement la peau entre ses doigts afin d'observer la finesses des traits. L'éclat de la couleur et autres détails. Son regard était semblable à celui d'un enfant face à milles douceurs. Elle glissait ses doigts sur certaines parties des œuvres comme pour sentir leurs textures, sentir la souplesse de sa chaire et s’imprégner de l'expertise d'un congénère lointain.

'Alors c'est à ça que ressemble le travail d'un occidental'. Elle avait encore tant à apprendre. Il y avait, c'était évident, une grande part de l'âme du blondinet dans ces couleurs vives. Ses lèvres s'étiraient d'avantage alors qu'elle s'attardait sur les détails des yeux et des flammes sur le dos de sa main. Elle ne se rendait pas compte qu'elle lui tenait la main, proche de son visage, pour en voir toute l'aspérité. Puis, elle fini par le libérer de son emprise avant de se replacer confortablement dans le canapé, comme si rien de cela ne c'était passé.

« Ils sont canons. J'aime vraiment cet aspect un peu old school assumé. Ça a un charme fou, ce genre de motif. Le soleil est vraiment beau, la lettrine aussi… Enfin, ouais. J'adore, même. Les flammes, surtout celles sur ta main, sont vraiment mortels ! »

Elle passa sous silence ce qui semblait être le premier compliment qu'elle entendit de sa bouche. Encore une fois, son visage s'émerveillait face à de nouveaux tatouages. Elle se savait incorrigible, là-dessus. Elle ne s'en excusa pas pour autant et lui offrait l'un de ses plus beau sourire suite à son clin d’œil. Ses tatouages ? Elle en était presque heureuse de les montrer.

« Les miens ? Carrément. »

Elle lui rendait son petit clin d’œil avant de remonter un maximum les manches de sa veste en laine.

Elle lui tendit son bras gauche tout en passant sa main libre dans sa longue chevelure rougeâtre, comme pour les dégager son son bras.
L'encrage commençait un peu après son poignet. Le noir prédominait et contrastait avec sa peau pâle et fragile. De fines branches de plantes entouraient son poignet fin, puis quelques autres végétations. Des champignons, quelques feux follets puis la magie opère. Quelques symboles obscures et ésotériques parcourent son avant-bras. Le noir couvre le restant de son bras, les motifs étant en négatif, sa chaire colore étoiles et serpent qui coule et s'entortille le long de membre. Un peu plus haut, dans l'obscurité et les étoiles, une chouette apparaît, entourée de ce qui semble être une nuée d'étoiles et de nuage, juste sous une pleine lune. Elle passa sa main libre le long de sa clavicule et épaule, afin d'écarter et d’ouvrir un maximum le col de sa veste en laine et remonter la manche de son t-shirt. La lune était plus visible, les nuages également, épousant avec douceur sa peau ; la transition faite part de millier petits points noirâtres.

Cette manchette s'éloigne le plus de ses autres tatouages, beaucoup plus old school ou néo-traditionnels. Karen lui laissait le temps d'observer les nombreux détails de cette pièce. Elle abordait un sourire tendre lorsqu'elle regardait son propre bras. Malgré le noir qui dominait sa chaire, son bras gardait une atmosphère terriblement douce et féminine, voire même féerique. Elle restait silencieuse, et glissait de temps à autres son regard vers son interlocuteur, afin de capter la moindre expression qu'il pouvait éprouver.

Après quelques instants, elle lui montrait son autre bras, moins complet et uni que le précédent. On y retrouvait des plantes avec de grands détails, un oiseau posé sur une branche de groseille. Un bouquet de fleur sauvage. Il y avait également une lune fusionnée avec un soleil, marquant la transition avec le haut de son bras beaucoup plus floral. Pivoines et chrysanthèmes japonaises, aux larges feuilles. En se penchant un peu, afin mieux lui montrer son épaule droite, son t-shirt large bailla légèrement. Espace suffisant pour deviner un autre tatouage qui décore fièrement le haut de sa poitrine.

Elle souriait avant de replacer ses manches. Elle se saisit de sa tasse de café pour en boire une gorgée et s'enfonçait sur le dossier du canapé, les yeux toujours autant brillant d'émerveillement. Finalement, cette journée devenait intéressante et un eu plus humaine qu'elle ne pouvait l'imaginer.

«  J'en ai d'autres, mais je ne te ferais pas se plaisir. » Elle bu une nouvelle gorgée. « Comment pourrais-je garder un minimum de mystère, sinon ? »

Karen marqua une courte pause, comme pour lui laisser le temps de digérer toute cette encre noire. Et son regard marronné défiait la lueur ambrée du regard du blondinet, sans détours.

« Tu penses t'en faire d'autres, Ashton ? »

Autant être curieuse jusqu'à ce point. Et qui sait, peut-être qu'elle aura la chance de le piquer.



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Ashton Miller
membre professeur particulier d'anglais - libraire & livreur
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Ven 29 Mai 2020 - 12:59
C’est presque attendrissant, la façon qu’elle a d’examiner tes tatouages, si elle ne semblait pas aussi professionnelle. Elle semble impressionnée, et tu ressens un regain d’orgueil, non légitime puisque tu n’es pas l’auteur de ces tatouages. Cependant, tu ne dis rien, te contentant de sourire en la regardant manipuler ton bras avec une délicatesse qui, selon toi, correspond bien avec son physique. Elle finit par te laisser, ses doigts légèrement plus froids que ton bras quittent ta peau colorée et elle se replace bien au fond du canapé. Un sourire heureux étire tes lèvres à ses compliments, c’est vrai, tu es fier de ces tatouages, de leur qualité. Tu es fier, et pourtant, tu les couvres lorsque tu sors, tu te caches du regard des autres, par peur de leur jugement, de leurs a priori. Et, contradictoirement, tu finis par t’exhiber devant des inconnus, au bord de la mer, avec une légère appréhension bien évidemment, mais sans trop d’hésitations. Il faut dire que la plage, c’est un autre monde.

Elle accepte de te montrer ses tatouages, mais ne se désape pas comme toi. Tu es parfois sans gêne, c’est fou, ça doit être ton côté européen. Tu souris, hoche la tête, tu veux attraper ta tasse de café pour y mettre du lait, mais le spectacle qui se déploie sur ses bras t’empêche de faire quoi que ce soit, à part faire glisser tes yeux sur les traits, les motifs qui ornent sa peau. Tu es impressionné, et tu te permets de le montrer sur ton visage. Tes yeux ne savent plus où se poser, se contentent d’aller et venir à différents points du tatouage, examinant et survolant les plages sombres, les points, les traits fins qui forment un tableau extraordinaire. L’autre bras n’a rien à envier à celui qu’elle vient de te montrer. Ton regard ambré examine et admire la faune et la flore qui ont élu domicile sur sa peau, tes bras sont croisés sur tes cuisses et tu es penché vers elle. Tes yeux captent avec pudeur et curiosité le tatouage qui décore son décolleté, mais se détournent rapidement pour revenir sur le bras qu’elle te fait voir. Tu n’as pas envie d’être traité de pervers à tort.

Elle se redresse, et se rhabille convenablement. Tu fais de même, enfilant ton sweat et laissant tes cheveux dans un piteux état. Tu y passes une main distraite pour tentant, en vain, de les dompter, et tu préfères verser le lait dans ta tasse, mélanger brièvement, et siroter le breuvage qui manque de te brûler la langue. La tatoueuse se remet à parler, et tu l’écoutes pendant que dansent encore devant tes yeux les dessins d’encre qu’elle vient de te partager. Tu tournes la tête vers elle et tes prunelles rencontrent les siennes. Il y a cette flamme qui réchauffe son regard, qui fait écho avec la volonté qui s’échappe de sa voix à chaque fois qu’elle prend la parole pour parler d’une chose qu’elle aime. Tu souris alors qu’elle te demande si tu comptes ajouter un autre tatouage à ta collection. C’est une bonne question, et tu n’y as pas encore songé. Tu hausses les épaules, avec cette nonchalance qui te caractérise, et tu prends une autre gorgée de café avant de lui répondre.

« J’y ai pas réfléchi. Mon bras est déjà pas mal couvert, et j’dois avouer qu’avec les regards que je me récolte quand je montre ne serait-ce que quelques centimètres de peau colorée, ça me refroidit un peu. Bon, après, je me considère chanceux, je suis un étranger, donc les gens ont moins tendance à mal me regarder. Si j’avais été japonais, je ne sais pas si j’aurais eu les cou- le courage de me faire tatouer. »

Voilà que tu digresses de nouveau. Tu es à l’aise, dans ce salon de tatouage. Les omoplates contre le dossier, les jambes légèrement écartées, une main à plat sur le canapé et l’autre tenant ta tasse, tu es étrangement détendu. Ton regard, parti un instant se perdre dans les méandres brunâtres de ton café, revient se diluer dans les yeux de la rouquine, et un sourire prend place sur tes lèvres.

« Qu’est-ce que tu verrais sur moi ? Qu’est-ce qui m’irait ? »

Aucune animosité venant de toi. Aucun mépris, pas de mesquinerie. Tu te contentes d’apprécier la conversation et la compagnie de la jeune femme, tu ne te sens pas de ruiner l’ambiance qui s’est si naturellement installée. Et puis, si tu veux te faire tatouer de nouveau, il ne faudrait pas que tu sois en mauvais terme avec la patronne – bien qu’un client reste un client, n’est-ce pas ?

Dehors, les gens passent et le léger brouhaha qui est filtré à travers la vitre contribue au bruit de fond, accompagné par la musique qui continue de se faire entendre. L’atmosphère est paisible, c’est l’impression-même que l’on a d’une fin d’après-midi. Douce, tendre, les rayons dorés du Soleil se frayant un chemin dans la pièce. Tu es calme. C’est un de ces moments que l’on aimerait étirer à l’infini, qu’il ne se finisse jamais.